Les fortes perturbations météorologiques qui ont frappé la Tunisie ces derniers jours ont eu des répercussions jusque sur le patrimoine. La violence de la houle dans plusieurs zones côtières, notamment dans les gouvernorats de Nabeul et de Mahdia, a entraîné l’apparition de nouvelles découvertes archéologiques, a annoncé le ministère des Affaires culturelles dans un communiqué publié jeudi 22 janvier 2026.
À Nabeul, une équipe scientifique s’est rendue sur le site antique de Néapolis ainsi que dans les zones avoisinantes afin d’effectuer des constats de terrain, assurer la documentation des vestiges apparus et évaluer l’état général du site.
Prudence face à des conditions encore instables
Le directeur du département des études d’archéologie sous-marine, Ahmed Gaddoum, a souligné que ce type d’intervention requiert une grande vigilance. La poursuite des conditions climatiques exceptionnelles et la forte agitation de la mer rendent en effet les opérations d’expertise délicates, ce qui impose de renouveler les constatations une fois la situation revenue à la normale.

Interventions également à Mahdia
Parallèlement, une équipe de l’inspection régionale du patrimoine du Sahel s’est déplacée, depuis avant-hier, sur plusieurs sites archéologiques du gouvernorat de Mahdia, dont Borj Erras et Salakta, afin de procéder aux évaluations nécessaires et de mettre en place les premières mesures de protection.
Des sites vulnérables à l’érosion marine
Concernant la protection des sites archéologiques exposés en bord de mer, Ahmed Gaddoum a rappelé que leur vulnérabilité reste élevée en raison de l’érosion marine. Il a toutefois indiqué que certains projets, à l’image de l’aménagement du littoral qui doit prochainement démarrer dans le gouvernorat de Nabeul sous la supervision du ministère de l’Environnement, constituent des solutions pour limiter les risques pesant sur ce patrimoine historique.
Tempête Harry : quand la violence des vagues fait ressurgir l’antique Néapolis
Ces découvertes interviennent dans un contexte météorologique exceptionnel. La tempête « Harry », qui s’est abattue avec une rare violence sur la Tunisie entre lundi et mardi 20 janvier 2026, a provoqué une avancée brutale de la mer sur plusieurs mètres dans les zones côtières du Cap Bon, envahissant plages, routes et parfois même des habitations. Cette poussée marine a entraîné une érosion soudaine du littoral, laissant apparaître, après le retrait des eaux, des structures jusqu’alors enfouies sous le sable.
À Nabeul, notamment au niveau de la plage de Sidi Mahrsi, des habitants ont signalé l’apparition de blocs de pierre, de colonnes et de pans de murailles, largement relayés sur les réseaux sociaux. Très vite, l’hypothèse d’un lien avec l’antique Néapolis, cité punique puis romaine en partie engloutie depuis près de deux mille ans, a circulé. Selon les historiens, une portion de cette ville aurait été détruite et submergée à la suite d’un tsunami survenu au IVᵉ siècle après J.-C., consécutif à un important séisme en Méditerranée orientale.
Si des vestiges avaient déjà été identifiés lors de campagnes de prospection sous-marines au large de Nabeul, l’apparition aussi visible de structures à découvert reste, à ce stade, exceptionnelle et non encore confirmée officiellement. Il revient désormais aux équipes de l’Institut national du patrimoine et aux spécialistes de déterminer la nature exacte de ces vestiges, leur datation et leur éventuelle appartenance à l’ancienne Néapolis, rappelant combien le littoral tunisien recèle encore, sous le sable et la mer, une mémoire archéologique susceptible de ressurgir au gré des colères de la nature.
M.B.Z












Commentaire
Mhammed Ben Hassine
Je pense que ses photos sont anciennes