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Inondations : Ahmed Saidani fait le parallèle entre Kaïs Saïed et Zine El Abidine Ben Ali

Par Nadya Jennene

Au lendemain des graves inondations qui ont touché plusieurs régions tunisiennes, le député Ahmed Saidani a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux en publiant un post comparant la gestion des catastrophes naturelles sous l’ancien régime de Zine El Abidine Ben Ali et sous la présidence actuelle de Kaïs Saïed.

Dans sa publication diffusée dans la soirée de mercredi 21 janvier 2026, l’élu a évoqué l’image, restée ancrée dans la mémoire collective, de l’ancien président Ben Ali apparaissant sur le terrain, vêtu de bottes vertes, inspectant les dégâts causés par les crues. Si Ahmed Saidani a précisé ne nourrir aucune sympathie politique pour l’ancien chef de l’État, il a souligné que ces épisodes avaient été suivis, selon lui, par des actions structurelles concrètes, notamment la construction de dizaines de barrages, de lacs artificiels et de plusieurs grands barrages destinés à la gestion des eaux pluviales et à la prévention des inondations.

Faisant le parallèle avec la visite de Kaïs Saïed aux zones sinistrées mardi 20 janvier, le député a dressé un constat sévère de la situation actuelle. Il a affirmé que le président Kaïs Saïed, qu’il qualifie ironiquement de « patriote sincère », ne cherchait pas à se mettre en scène, mais qu’en contrepartie, aucune infrastructure majeure ne verra le jour : ni barrages, ni lacs, ni même de bassins de rétention capables d’atténuer les effets des crues. 

Ahmed Saidani va plus loin en évoquant des projets qu’il juge symboliques et sans impact réel, citant notamment l’inauguration d’un simple bassin aménagé et d’une piscine, inaugurés en grande pompe. Pour lui, ces initiatives relèvent davantage de la communication que d’une politique publique durable face aux risques climatiques.

Dans un souci de clarification, le député a insisté sur le fait que sa démarche ne constituait ni une tentative de réhabilitation de Ben Ali, ni une attaque personnelle contre Kaïs Saïed. Il a rappelé son opposition ferme à l’ancien régime et a affirmé qu’il n’existe plus de place en Tunisie pour les figures emblématiques de la corruption passée. Il a présenté sa publication comme une comparaison historique entre deux hommes, deux périodes et deux styles de gouvernance, estimant que le pays se perd aujourd’hui « entre les mouches vertes et les bottes vertes », une métaphore dénonçant à la fois l’inaction et la confusion politique.

Ahmed Saidani a conclu son message sur un ton grave : « Que ceux que mes propos dérangent retirent leur confiance à mon égard. Sans le serment que j’ai prêté, il ne m’honorerait plus de poursuivre dans cette mascarade ni d’y demeurer. Je n’y reste que dans l’espoir que le président connaisse un sursaut de conscience et qu’il s’acquitte enfin de la mission qui lui a été confiée, rien de plus. »

Cette publication intervient dans un contexte marqué par un épisode climatique extrême. Les fortes intempéries qui se sont abattus sur le pays entre lundi et mardi ont provoqué des crues soudaines et des inondations meurtrières dans plusieurs gouvernorats. 

Plusieurs routes ont été submergées ou rendues impraticables, des habitations ont été envahies par les eaux, et des terres agricoles ont subi des pertes importantes, notamment en raison de la stagnation prolongée des eaux et de l’érosion des sols. Par ailleurs, les intempéries ont entraîné des perturbations dans les réseaux de transport ainsi que des dommages aux installations portuaires et aux activités de pêche. 

Cet épisode a ravivé les traumatismes vécus par les Tunisiens à plusieurs reprises. L’événement de référence demeure celui de 1969, considéré comme la plus grave catastrophe de l’histoire contemporaine du pays. Des pluies généralisées ont touché l’ensemble du territoire, causant la mort de près de 540 personnes et la destruction d’environ 70 000 habitations, avec un impact particulièrement sévère dans les régions centrales, notamment à Kairouan. Cette catastrophe a profondément marqué la mémoire collective et orienté, par la suite, les politiques de gestion des ressources en eau.

En 1973, de violentes crues ont frappé le nord-ouest tunisien, principalement le long de Oued Medjerda. Les gouvernorats de Béja, Medjez El Bab et Jendouba ont payé un lourd tribut, avec environ 100 décès et d’importants dégâts aux infrastructures et aux terres agricoles.

Le gouvernorat de Sfax a connu en 1982 des inondations d’une ampleur exceptionnelle. Si le bilan humain reste incertain, les dommages matériels ont été majeurs, avec la destruction de centaines d’habitations et des pertes économiques chiffrées en millions de dinars.

En 1986, le Cap Bon, et plus particulièrement le gouvernorat de Nabeul, a été durement touché par des crues meurtrières, causant des dizaines de morts et d’importantes perturbations économiques.

Plus récemment, les pluies torrentielles de septembre 2003 ont affecté le Grand Tunis, Zaghouan et Nabeul, faisant au moins quatre victimes et laissant plus de 2 500 personnes sans abri. 

Les inondations de 2018 au Cap Bon ont, elles, causé des dégâts estimés à plus de 100 millions de dollars, confirmant la persistance et la vulnérabilité des infrastructures face aux aléas climatiques.  

N.J

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6 commentaires

  1. Yona Marre

    22 janvier 2026 | 17h46

    تونس قادمة على جبال بزاقفونة
    Face a des enjeux économiques, sociaux, géopolitiques, démographiques la Tunisie est avec seule boussole la « théorie des complots » et est dirigée par un president incompétent et rancunier avec le bénédiction d’un simulacre de parlement composés de bacs lettres et de chômeurs

  2. Nahor Guëttam

    22 janvier 2026 | 16h49

    RAPPEL pour l’Histoire/ Suite aux inondations de l’automne 2007 au Nord de la Tunisie (moins devastatrices que l’actuel épisode interessant plusieurs gouvernorats sur une plus vaste extension territoriale) le Président Ben Ali prit des décisions d’envergures et exemplaires. « Le 15 octobre, le président Ben Ali réunit un conseil ministériel qui décide que la zone de Sabalet Ben Ammar est déclarée inondable, ce qui interdit la délivrance de tout permis de construire et impose de veiller à ce que rien ne fasse obstacle à l’écoulement des eaux. Par ailleurs, tout nouveau projet de construction devra être obligatoirement précédé d’une étude hydraulique et la coordination entre les ministères concernés améliorée. » (Source Wikipédia)

    Plutôt que de chercher d’attraper une popularité en chute et incomparable avec celle dont Ben Ali pouvait rejouir en 2007 (et qui s’est maintenue avec variations et différentes vicissitudes malgré les campagnes médiatiques de la Gauche et des islamistes , reprises par les manipulation de masse d’Al-Jazeera et ses intrigues jusqu’à la mise en acte du complot de décembre 2010-janvier 2011), le « Robocop » si cher à un certain Ridha Lénine ferait mieux à exhorter la jeunesse et les forces vives de la Tunisie à garder propres les rues, à collaborer civiquement avec les services compétentes à dégager les canalisations et à user le recyclage des plastiques et autres ordures qu sont sauvagement jété au quotidien dans la nature et dans les villes. Il ferait beaucoup mieux de nous epargner ses sorties tragi-comiques télévisées et à user intelligemment la communication présidentielle éducative et corrective, comme a fait maintes fois le Zaim Habib Bourguiba, et surtout à rendre fructueuse la diplomatie tunisienne, jadis sage et avertie, pour avantager le Pays des opportunités de collaborations et programmes internationaux, les mêmes qu’évidemment dédaigne au nom d’une fière et indéfinie « souveraineté » qui s’estompe par la suite des « traités de protection militaire frontalières » non declarées…

    Il ferait chose excellente à reviser le manque outrageux de politiques ambientales, la manutentions de tous les systèmes hydriques, des canalisations, de barrières anti-inondations… et aussi d’ériger des barrières efficaces à l’introduction des idéologies toxiques, comme celle khomeiniste des mollahs, qui menacent d’orages géopolitiques bien plus graves économiquement et humainement de celui que la nature a produit ces jours-ci….

  3. Fares

    22 janvier 2026 | 13h56

    الزغاريط اكثر من الكسكسي

    Saied ne fait que du cinéma, un cinéma de piètre qualité et qui coûte extrêmement cher au contribuable. Le coût de cette ballade aurait dû être investi dans des projets bénéfiques pour le peuple.

    On voit juste deux gardes du corps derrière Ben Ali. Pourquoi une protection si onéreuse de quelqu’un qui n’a rien apporté à la Tunisie pendant 7 ans? Il est temps que la présidence pratique un peu d’austérité dans ce pays en faillite.

    Ben Ali était un dictateur, mais au moins plusieurs de ses visites « surprise » ont débouché sur des actions concrètes. Le locataire de Carthage est un simple acteur qui lit son texte avant d’aller se coucher. Mchichi a dit que toutes ses rencontres avec des ministres sont des séances de shooting.

    Je ne dirai pas pauvre pays ou pauvre peuple. Les tunisiens sont bien conscients de la situation et ils l’acceptent, donc tant pis pour eux. Préparez du pop-corn et appréciez les sketchs de Saied.

    • Nahor Guëttam

      22 janvier 2026 | 16h19

      Critique bien appreciée. Merci pour la franche opinion. Après avoir mis l’embargo sur les grands quotidiens fraçais comme Le Monde, le JDD, Le Figaro et en général sur toute la presse qu’on ne lira plus sur l’avenue Bourguiba (chose que Ben Ali n’a JAMAIS fait), le grand Robocop vanté par son ami Ridha « Staline », même veut museler même la voix et la colère de 12 milions d’habitants…

  4. Tunisino

    22 janvier 2026 | 11h44

    Justement, Ben Ali Labes Bot alors que Saied Labes Sabbat, ceci est très indicateur en analyse de personnalité, le futur existe pour Ben Ali alors qu’il n’existe pas pour Saied. La Tunisie est malade, la maladie était le traitre Ghannouchi, et maintenant l’aventurier Saied, ce qui est commun est la formation littéraire et l’égoïsme aveugle.

    • Mhammed Ben Hassine

      22 janvier 2026 | 16h13

      Un proverbe ou dicton tun
      [كف و كعبة حلوة]