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Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à Borhen Bssais et Mourad Zeghidi

Par Myriam Ben Zineb

Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé jeudi 22 janvier 2026 son soutien aux journalistes tunisiens Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, jugés aujourd’hui par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis. « En pensée avec les deux journalistes tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, jugés aujourd’hui. Espoir pour leur libération prochaine après ces longs mois de détention sans jugement », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

La justice a décidé cet après-midi de mettre l’affaire en délibéré, après l’audience consacrée aux accusations de fraude et d’évasion fiscales portées contre les deux journalistes, poursuivis dans un dossier distinct de celui ayant motivé leur première condamnation. Présentés en état de détention, ils comparaissaient devant la chambre criminelle pour des soupçons d’irrégularités financières.

Un « acharnement judiciaire », selon RSF

La veille, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) avait publié un communiqué dénonçant ce qu’elle qualifie d’« acharnement judiciaire » à l’encontre des journalistes emprisonnés depuis mai 2024. RSF rappelle qu’ils avaient d’abord été arrêtés pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir critiqué des décisions politiques, avant d’être maintenus en détention sur la base d’accusations de « blanchiment d’argent ».

« La libération de Chadha Hadj Mbarek ne doit pas rester un acte isolé, mais au contraire ouvrir la voie vers le respect de la liberté de la presse », a déclaré Oussama Bouagila, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. Il a appelé à la libération immédiate des deux journalistes, estimant que les nouvelles poursuites reposent, selon la défense, sur de simples irrégularités fiscales courantes. « Tant que des journalistes seront emprisonnés pour leur travail, c’est le droit à l’information de la population en Tunisie qui restera gravement menacé », a-t-il ajouté.

Deux affaires successives, près de vingt mois de détention

Arrêtés le 11 mai 2024 en même temps que l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, Mourad Zeghidi et Borhen Bssais, avaient été condamnés à huit mois de prison en appel le 26 juillet 2024 pour « diffusion de fausses nouvelles », en vertu du décret-loi 54.

Alors qu’ils purgeaient encore cette peine, de nouveaux mandats de dépôt ont été émis début décembre 2024, cette fois sur la base de la législation relative au terrorisme et au blanchiment d’argent. La défense affirme qu’il s’agit d’un dossier sans preuves, fondé sur des irrégularités fiscales qui auraient pu être réglées en liberté. La chambre criminelle avait, le 5 janvier, refusé leur libération conditionnelle.

Un climat de pression sur les médias

RSF souligne que cette audience du 22 janvier s’inscrit dans un contexte de pressions accrues sur le secteur des médias en Tunisie, marqué par l’usage du décret-loi 54, des poursuites judiciaires répétées, des suspensions de médias, des restrictions sur les cartes professionnelles et des obstacles au travail de la presse étrangère.

M.B.Z

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