Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a ouvert, jeudi 22 janvier 2026, les travaux de l’instance administrative nationale en lançant un appel appuyé à l’unité syndicale et au dépassement des divisions internes, dans un contexte marqué par de fortes tensions au sommet de la centrale.
Il a souligné que « la décision ne peut émaner que des structures de l’UGTT et de ses instances élues », appelant à trouver, au sein de ces cadres, les solutions à même de rétablir l’unité syndicale.
S’exprimant à l’occasion de cette réunion, qui coïncide avec la commémoration du 80e anniversaire de la fondation de l’UGTT, Noureddine Taboubi a appelé les syndicalistes à resserrer les rangs et à préserver la cohésion de l’organisation, tout en rendant hommage aux martyrs du mouvement syndical. Il a exprimé son espoir de voir l’instance administrative, actuellement réunie, aboutir à une décision permettant de rassembler les rangs syndicaux, quelles que soient, selon ses termes, les luttes et les divergences de points de vue.
Une instance dans un climat de crise
La tenue de cette instance administrative intervient dans un contexte particulièrement délicat, marqué par une crise ouverte au sein de la direction de l’UGTT et par le retrait, le 14 janvier, de la démission que Noureddine Taboubi avait annoncée le 23 décembre 2025.
Selon un communiqué officiel, l’ordre du jour de la réunion porte notamment sur la poursuite des préparatifs du congrès ordinaire prévu les 25, 26 et 27 mars prochains à Tunis, ainsi que sur l’examen de la question de la grève générale.
En revenant sur sa démission, le secrétaire général avait expliqué avoir répondu à la demande de la majorité des membres de l’instance administrative, qui s’étaient déplacés à son domicile pour l’exhorter à rester en fonction. Il avait alors appelé à « ranger la maison interne » et à tirer les enseignements des crises traversées afin que l’UGTT en ressorte « plus forte que jamais ».
Des divisions mises au grand jour
Ce revirement faisait suite à un communiqué du bureau exécutif national, publié le 13 janvier, qui avait ouvertement désavoué Noureddine Taboubi. Signé notamment par Sami Tahri et Samir Cheffi, le texte lui retirait toute légitimité et l’accusait d’être responsable de la non-tenue de la grève générale initialement prévue le 21 janvier, révélant l’ampleur des divergences internes.
D’après des informations de Business News, le retrait de la démission aurait été préparé à travers des contacts avec des responsables sectoriels et régionaux afin de réunir le quorum nécessaire à la tenue de l’instance administrative et à la fixation de la date du congrès, dans un contexte de recomposition des équilibres internes.
Congrès et grève, au cœur des enjeux
La réunion du 22 janvier est ainsi perçue comme une étape décisive. Elle devra clarifier la position de la centrale sur la grève générale et arrêter les modalités de préparation du congrès de mars, alors que la période de flou qui a suivi l’annonce de la démission avait été marquée par l’absence de signature de la convocation à la grève et par des divergences ouvertes sur la date et la nature du congrès.
À quelques semaines d’un rendez-vous jugé déterminant pour l’avenir de l’UGTT, l’appel de Noureddine Taboubi à l’unité et au consensus vise à refermer une crise qui a mis à nu les fragilités organisationnelles de la centrale et à conduire l’organisation, selon ses propres termes, « vers un havre de sécurité, loin des tiraillements et des divisions ».
M.B.Z












