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Lutte contre le blanchiment : la BCT durcit les obligations des bureaux de change

Par Myriam Ben Zineb

La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a publié, le 23 janvier 2026, la circulaire n°2026-2 fixant un cadre renforcé pour la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive dans les bureaux de change. Le texte précise, de manière détaillée, les obligations de vigilance, d’identification et de déclaration auxquelles sont désormais soumis les changeurs manuels.

Identification systématique des clients

La circulaire impose aux bureaux de change d’identifier tous leurs clients, qu’ils soient habituels ou occasionnels, ainsi que les bénéficiaires effectifs des opérations, à l’aide de documents officiels en cours de validité. Les informations doivent être conservées dans un dossier client, accompagné des copies des pièces d’identité et des bordereaux de change, pendant une durée de dix ans.

Une vigilance particulière est exigée pour les personnes politiquement exposées, leurs proches, ainsi que pour les clients liés à des pays classés à risque par le GAFI ou faisant l’objet de sanctions internationales.

Dispositif interne de vigilance et d’évaluation des risques

Chaque bureau de change doit mettre en place un dispositif interne de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, proportionné à la taille de son activité et au profil de sa clientèle. Ce dispositif doit notamment couvrir :

  • le suivi des opérations et la détection des transactions inhabituelles ou suspectes ;
  • le filtrage des clients par rapport aux listes nationales et onusiennes de sanctions ;
  • l’évaluation périodique des risques, tenant compte des zones géographiques, des volumes traités et des menaces identifiées au niveau national.

Ces évaluations doivent être formalisées, régulièrement mises à jour et présentées à la BCT sur demande.

Déclaration obligatoire des opérations suspectes

Les bureaux de change sont tenus de désigner un correspondant auprès de la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) et d’effectuer, via la plateforme goAML, toute déclaration de soupçon liée à des fonds d’origine illicite, au financement du terrorisme ou à la prolifération des armes de destruction massive.

Le texte rappelle l’interdiction absolue d’informer le client ou un tiers de l’existence d’une telle déclaration.

Gel des avoirs et respect des sanctions internationales

La circulaire insiste également sur l’obligation de geler immédiatement les avoirs des personnes et entités figurant sur les listes nationales ou celles du Conseil de sécurité de l’ONU, et d’en informer la Commission nationale de lutte contre le terrorisme.

Sanctions en cas de manquement

En cas de non-respect de ces obligations, le gouverneur de la BCT peut prononcer des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement au retrait de l’autorisation d’exercer, en passant par la suspension temporaire ou l’interdiction d’activité.

Entrée en vigueur dès sa publication, la circulaire n°2026-2 dit viser à renforcer l’intégration des bureaux de change dans le dispositif national de prévention et de détection des flux financiers illicites, dans un contexte de surveillance accrue des circuits de change manuel.

M.B.Z

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Commentaire

  1. le financier

    26 janvier 2026 | 21h53

    Il n y a plus interet d avoir un bureau de change puisque chaque tunisien pourra bientot beneficier d un compte en devise , le change se fera a la banque .
    Maintenant qu un bureau de change qui s il suit les regles ne gagne que tres peu , ses marges sont faibles et si en plus plur chaque 20euro il doit faire une photocopie ou noter sur un borderau nom prenom CIN et stocker 10ans de paperasse ca va devenir un bureau administratif a la tunisienne.
    Les bureaux de changes legaux sont a peine rentables … il ira se tourner sur le change au noir avec des spread plus interessant et moins de paperasse .
    Ce pays pousse tout le monde vers l economie informel …fermer vos bureaux ca fera moins d impot pour l etat …
    Je me demande qui va continuer a travailler legalement dans ce pays et qui paiera les fonctionnaires a la fin