La députée Fatma Mseddi a adressé une correspondance officielle au ministère des Affaires culturelles, qu’elle a rendue publique sur sa page Facebook le lundi 26 janvier 2026, attirant l’attention sur les fragilités juridiques entourant la protection du patrimoine archéologique tunisien face aux défis climatiques et aux enjeux de souveraineté nationale.
Dans ce courrier, l’élue est revenue sur les dégâts enregistrés ces dernières années dans plusieurs régions du pays, à la suite de phénomènes climatiques extrêmes — inondations et glissements de terrain — ayant porté atteinte à des sites et monuments archéologiques.
Elle a souligné également les problématiques sensibles liées aux opérations de fouilles archéologiques, notamment celles menées par des missions étrangères, et les questions qu’elles soulèvent en matière de souveraineté et de propriété intellectuelle.
Fatma Mseddi a interrogé le ministère sur l’efficacité réelle du cadre législatif régissant la protection du patrimoine, lequel repose essentiellement sur la loi n°35 de 1994 relative à la sauvegarde du patrimoine archéologique, historique et des arts traditionnels.
Elle a demandé notamment une évaluation de son adéquation face aux catastrophes naturelles et aux mutations climatiques, ainsi que l’existence éventuelle de protocoles juridiques ou de plans d’urgence spécifiques pour la protection des sites archéologiques en cas de sinistre.
La députée a sollicité par ailleurs des données précises sur le nombre de sites actuellement classés comme menacés, les critères retenus pour ce classement, ainsi que sur les mécanismes juridiques garantissant la pleine souveraineté de l’État tunisien sur les résultats des recherches et fouilles archéologiques, en particulier lorsqu’elles sont conduites par des équipes étrangères.
Elle a interroge, par ailleurs, la volonté du ministère de proposer une révision du cadre législatif ou l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale consacrant l’archéologie comme une richesse souveraine nationale, intégrée aux stratégies de développement durable.
Fatma Mseddi a conclu en appelant le ministère des Affaires culturelles à clarifier sa vision prospective quant à la réforme de la législation relative aux antiquités, afin d’assurer une protection effective du patrimoine national, de préserver la souveraineté culturelle du pays et de transformer l’héritage archéologique d’un simple fardeau administratif en un véritable levier de développement.
Les récentes perturbations climatiques en Tunisie ont eu des répercussions inattendues sur le patrimoine national. La tempête « Harry », qui a frappé le pays entre le lundi et le mardi 20 janvier 2026, a provoqué une avancée spectaculaire de la mer sur plusieurs mètres le long des côtes du Cap Bon, entraînant érosion du littoral, inondations et apparition de structures enfouies depuis des siècles.
À Nabeul, sur la plage de Sidi Mahrsi, des habitants ont observé l’émergence de blocs de pierre, de colonnes et de pans de murailles, suscitant des hypothèses sur leur lien possible avec l’ancienne cité de Néapolis, punique puis romaine, partiellement submergée depuis près de deux mille ans après un tsunami consécutif à un séisme en Méditerranée orientale.
Parallèlement, dans le gouvernorat de Mahdia, des équipes de l’inspection régionale du patrimoine ont évalué l’état de plusieurs sites archéologiques, dont Borj Erras et Salakta, et mis en place des premières mesures de protection.

N.J











