La hausse spectaculaire des prix des métaux précieux, et plus particulièrement de l’or et de l’argent, s’explique aujourd’hui par des mutations structurelles profondes de l’économie mondiale, bien au-delà des seuls mécanismes spéculatifs, a annoncé Hatem Ben Youssef, président de la Chambre syndicale des bijoutiers lors de son intervention, mardi 27 janvier 2026, dans l’émission Sbeh Ennes sur Mosaïque FM.
« Après une hausse de 66% enregistrée en 2025, le prix de l’or 18 carats a encore progressé de 14% en janvier 2026, atteignant 347 dinars le gramme. Les projections tablent, d’ici la fin de l’année 2026, sur une envolée des cours pouvant porter le prix du gramme entre 347 et 477 dinars », a-t-il affirmé.
Cette évolution du marché de l’or est, toutefois, indépendante de la récente flambée des prix de l’argent, laquelle répond à des dynamiques propres ; la concomitance observée relève d’une simple coïncidence et non d’un lien structurel entre les deux métaux.
« Entre 2025 et 2026, l’argent a enregistré une hausse cumulée de 170%, avant de connaître une nouvelle progression de 35% en janvier 2026, portant son prix à 10,3 dinars le gramme », a précisé Hatem Ben Youssef.
Selon lui, l’argent subit une pression sans précédent sur les marchés internationaux, principalement en raison de l’essor rapide des technologies vertes. La fabrication des batteries pour véhicules électriques nécessite d’importantes quantités de métal argenté. De même, dans le secteur du solaire photovoltaïque, l’argent constitue un élément essentiel des cellules solaires. Ces deux industries consomment aujourd’hui 50 % de plus des réserves mondiales d’argent qu’auparavant.
Or, contrairement à l’or, l’argent ne dispose pas de véritables mines dédiées, a signalé le président de la Chambre. Près de 80% de la production mondiale d’argent est issue de l’extraction secondaire, notamment lors de l’exploitation du plomb, du zinc, du cuivre ou de l’or.
Cette réalité géologique limite la capacité des producteurs à ajuster rapidement l’offre face à la hausse de la demande. L’extraction de métaux comme le zinc ou le plomb obéit à une logique de marché propre, indépendante du besoin en argent.
Dans ce contexte de déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, les projections des experts sont particulièrement marquantes. Le président de la Chambre des bijoutiers a indiqué que le prix de l’argent pourrait atteindre entre 14,5 et 15 dinars le gramme d’ici la fin de l’année ou dans les prochains mois. « Ce sont des niveaux historiques. C’est du jamais-vu », a-t-il assuré.
S’agissant de l’or, la dynamique est différente. Si les prix restent élevés, les raisons sont essentiellement géopolitiques et monétaires. L’or demeure une valeur refuge privilégiée face aux incertitudes internationales, à la volatilité du dollar et aux politiques de diversification des réserves menées par plusieurs États.
N.J










