Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Abdallah Saïd, 442 jours de détention : la société civile dénonce un acharnement injustifié

Par Raouf Ben Hédi

Le collectif contre la criminalisation de l’action humanitaire a publié, jeudi 29 janvier 2026, un communiqué de soutien au médecin et militant des droits humains Abdallah Saïd, convoqué devant la justice début février, après une longue période de détention préventive.

Dans son texte, la Campagne contre la criminalisation de l’action civile exprime une solidarité « pleine et inconditionnelle » avec l’activiste, qui doit comparaître le 3 février 2026 devant le Tribunal de première instance de Médenine. Le collectif dénonce une privation de liberté qu’il qualifie d’arbitraire et contraire aux droits et libertés fondamentaux.

Un parcours associatif et humanitaire mis en avant

Selon le communiqué, Abdallah Saïd exerce la médecine depuis plus de trente ans et travaille au sein du ministère de la Santé. Il est présenté comme engagé de longue date auprès des personnes vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les enfants migrants et réfugiés, ainsi que les femmes et les mineurs déscolarisés.

Le collectif met en avant son rôle à la tête de l’association Enfants de la Lune et son implication dans la création de l’espace « Dar Al-Jam’iyyat » à Médenine, structure ayant accueilli des activités de soutien psychologique et social, des programmes d’autonomisation économique pour les femmes, des actions d’alphabétisation et d’encadrement d’enfants, ainsi qu’un appui en matériel paramédical à des écoles et dispensaires, notamment durant la pandémie de Covid-19. Ces activités auraient, selon la même source, été menées publiquement et en coordination avec les autorités.

Un dossier passé par le pôle antiterroriste

D’après le communiqué, Abdallah Saïd a été arrêté le 12 novembre 2024 sans chefs d’accusation clairement établis. Son dossier a ensuite été transmis au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, qui aurait conclu à l’absence de soupçons à caractère terroriste avant de renvoyer l’affaire au parquet de Médenine.

Malgré cela, l’intéressé demeure détenu à ce jour, ce que le collectif considère comme une atteinte à la présomption d’innocence, au droit à la liberté et aux garanties d’un procès équitable.

Dénonciation d’une tendance plus large

La Campagne contre la criminalisation de l’action civile estime que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites visant des acteurs de la société civile engagés dans l’aide humanitaire, en particulier sur les questions migratoires et la lutte contre les discriminations raciales. Le communiqué évoque une situation où l’assistance humanitaire serait assimilée à une infraction et où des défenseurs des droits humains feraient l’objet de poursuites judiciaires, de campagnes de dénigrement et de discours hostiles.

Le collectif appelle ainsi à la libération immédiate et sans condition d’Abdallah Saïd, à l’abandon des poursuites liées aux activités de solidarité et à une meilleure protection des défenseurs des droits humains contre la diffamation et les discours racistes.

Il conclut en affirmant que la solidarité et l’action civile constituent, selon lui, des piliers essentiels d’une société attachée à la dignité, à la justice et aux droits humains.

R.B.H

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers