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Ezzeddine Ben Cheikh, un ministre fragilisé

Service IA, Business News

Par Raouf Ben Hédi

Nommé en août 2024 sur un profil technocratique et présenté comme un spécialiste des ressources hydriques, le ministre de l’Agriculture devait incarner le redressement d’un secteur stratégique. Dix-sept mois plus tard, les alertes se multiplient, les institutions s’impatientent, les professionnels s’inquiètent et le président de la République dresse un constat sévère. Les faits, désormais publics, posent une question devenue incontournable : peut-on encore maintenir Ezzeddine Ben Cheikh à son poste ?

Quand Ezzeddine Ben Cheikh est nommé ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, le 25 août 2024, son profil rassure.

Ingénieur de formation, long parcours dans la gestion de l’eau, ancien responsable dans le secteur hydraulique, spécialiste reconnu des questions liées aux ressources hydriques : la technicité de son parcours tranche avec les nominations purement politiques.

L’agriculture tunisienne, déjà fragilisée par les crises successives, semblait avoir hérité d’un ministre qui connaissait ses dossiers.

Cette nomination intervient en effet dans un contexte difficile pour l’agriculture tunisienne : stress hydrique, crise des intrants, désorganisation des filières, tensions sur les prix, fragilisation des producteurs.

Son profil semblait répondre à une attente claire : celle d’un ministre capable d’apporter de la méthode, de l’anticipation et des solutions concrètes.

Un an et demi plus tard, la réalité apparaît autrement plus trouble.

Huile d’olive : un Parlement inquiet, une réunion qui n’a jamais eu lieu

Le 12 décembre 2025, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, adresse une correspondance officielle à la cheffe du gouvernement.

Il demande la tenue d’une réunion d’urgence sur la chute jugée « préoccupante » du prix de l’huile d’olive sur le marché local.

Le paradoxe était le suivant : alors que les prix internationaux sont élevés, les producteurs tunisiens voient leurs revenus s’effondrer. Une situation qui alimente colère, incompréhension et inquiétude dans une filière stratégique pour l’économie nationale.

La réunion sollicitée devait associer plusieurs ministères, dont naturellement celui de l’Agriculture.

Au 29 janvier 2026, soit plus d’un mois et demi après cette demande officielle, cette réunion n’a toujours pas eu lieu.

Le ministre semble tout simplement mépriser les représentants officiels du peuple.

Ammonitrate : l’Utap sort de sa réserve

Le 25 janvier 2026, l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap) publie un communiqué au ton inhabituellement inquiet et alarmiste.

Son Conseil central y évoque une pénurie aiguë d’ammonitrate, alerte sur ses conséquences directes sur la production agricole et appelle les autorités à intervenir rapidement.

Le contenu du communiqué est en soi préoccupant. Mais c’est surtout le fait même de sa publication qui interpelle.

L’Utap n’est pas connue pour multiplier les prises de parole médiatiques et de faire dans la polémique. Elle privilégie généralement les canaux classiques : échanges directs avec les responsables, réunions techniques, démarches administratives, discussions avec les autorités de tutelle.

Lorsqu’elle choisit de s’adresser directement à l’opinion publique et de la prendre à témoin, c’est que les circuits habituels n’ont manifestement pas permis d’obtenir de réponse satisfaisante.

Le message est clair : la situation a atteint un seuil jugé critique par la principale organisation professionnelle du secteur.

Trois jours plus tard, le 28 janvier, le président de la République reçoit le ministre de l’Agriculture et dénonce, à son tour, des pratiques graves dans la distribution des engrais.

La séquence est parlante : une organisation professionnelle alerte publiquement, ne trouve aucun écho à son alerte, au point que c’est le chef de l’État lui-même qui éprouve le besoin de s’emparer du dossier.

Une audition présidentielle au ton lourd de sens

Dans sa rencontre avec Ezzeddine Ben Cheikh, Kaïs Saïed dénonce des « pratiques criminelles » dans la distribution des engrais. Il évoque des dysfonctionnements profonds dans le secteur agricole et appelle à une réforme de la politique agricole et hydrique.

Ces mots ne sont pas neutres. Ils ne relèvent pas d’un simple rappel à l’ordre technique.

Ils traduisent un constat sévère porté au plus haut niveau de l’État sur le fonctionnement même du secteur.

Autre point évoqué par le président de la République celui des capacités de stockage de l’Office national de l’huile. Or ce problème n’est pas nouveau et ce n’est pas la première fois que le chef de l’État l’évoque. Comment dès lors expliquer que rien n’a été fait depuis les premières alertes sur le sujet, bien antérieures à la nomination même du ministre ? Idem concernant les nouveaux marchés à l’export que Kaïs Saïed évoque périodiquement. Le ministre a du mal à en trouver visiblement.

Fourrages : un dysfonctionnement reconnu officiellement

Dans son communiqué du 29 janvier, la présidence aborde également le dossier des fourrages.

Elle affirme que certains opérateurs vendraient à des prix inférieurs à ceux proposés par l’Office des fourrages, avec pour objectif de fragiliser cette institution publique et de porter atteinte aux deniers de l’État.

Cette version soulève cependant une interrogation évidente.

Si des commerçants parviennent à vendre moins cher que l’Office des fourrages nouvellement créé, comme l’indique le chef de l’État, deux hypothèses seulement sont possibles.

La première serait qu’ils vendent à perte. Une hypothèse économiquement peu crédible, surtout dans un secteur où les marges sont étroites et où les opérateurs privés ne disposent d’aucun mécanisme de compensation.

La seconde serait que les prix pratiqués par l’Office des fourrages soient supérieurs aux prix réels du marché. Ce qui poserait alors une autre question : pourquoi l’établissement public chargé de réguler le secteur propose-t-il des tarifs déconnectés de la réalité économique ?

Dans les deux cas, la responsabilité de Ezzedine Ben Cheïkh est directement engagée.

Soit parce qu’il n’a pas agi contre des pratiques que le chef de l’État considère comme prédatrices.

Soit parce qu’il a laissé s’installer une politique de prix inadaptée au niveau de l’Office.

Le problème n’est donc pas théorique. Il est structurel. Et il relève pleinement du périmètre du ministre de l’Agriculture.

Barrages : un flou persistant sur les chiffres nationaux

Le 21 janvier 2026, l’expert en développement et en ressources hydriques Houcine Rhili dresse un constat préoccupant : malgré les précipitations importantes enregistrées dans plusieurs régions du pays, les barrages continuent de peiner à se remplir.

Il explique notamment que les pluies n’ont pas suffisamment concerné les zones de captage du nord-ouest, où se situent les principaux barrages, ce qui limite mécaniquement l’impact sur les réserves nationales.

Mais au-delà de l’analyse de l’expert, un autre élément interpelle : il n’existe à ce jour aucune donnée nationale claire, consolidée et officiellement communiquée sur le taux réel de remplissage des barrages après les épisodes pluvieux.

Le débat public se structure donc autour d’analyses d’experts, de constats partiels et d’estimations, faute d’indicateurs précis rendus publics par l’autorité compétente.

Ce flou persistant ne relève pas d’un simple détail technique. Il traduit un déficit de communication sur un sujet stratégique, alors même que le ministère est dirigé par un ministre présenté comme spécialiste des ressources hydriques.

Une succession de signaux qui finissent par faire système

Pris séparément, chacun des épisodes évoqués ces dernières semaines pourrait être relativisé.

Mais mis bout à bout, ils dessinent une séquence cohérente.

Un Parlement qui s’inquiète officiellement de l’effondrement du prix de l’huile d’olive, mais snobé par le ministre.

Le problème de stockage de l’Office national de l’huile et la difficulté à trouver de nouveaux marchés à l’export.

Une organisation professionnelle agricole qui, fait rare, n’a plus d’autre choix que de prendre l’opinion publique à témoin sur la pénurie d’intrants.

Des experts qui s’interrogent sur l’état des barrages en l’absence de données nationales claires.

Et enfin un président de la République qui, à l’issue d’une audition, dénonce publiquement des dysfonctionnements graves dans le secteur agricole.

Ce ne sont pas des impressions de journalistes, mais des faits publics, datés, documentés. Et ils renvoient tous, inévitablement, à un même périmètre de responsabilité : celui du ministre de l’Agriculture.

Un technocrate pour succéder à un militaire… avec quels résultats ?

Lorsque Ezzeddine Ben Cheikh est nommé en août 2024, il succède à Abdelmonem Belaâti, ancien officier supérieur, dont le passage au ministère avait été marqué par une approche autoritaire mais structurée du secteur.

Le choix d’un profil technocratique, spécialiste des ressources hydriques, est alors perçu comme un tournant : on attend davantage de méthode, de vision, de pilotage.

17 mois plus tard, le constat est difficile à ignorer.

Les crises ne se sont pas résorbées. Les tensions se sont accumulées. Les signaux d’alerte se sont multipliés. Et le malaise est désormais exprimé ouvertement par les institutions, par les professionnels et par la présidence elle-même.

Les faits publiés ces dernières semaines ne relèvent pas de l’opinion.

Ils dessinent un déficit de pilotage, une absence de cap lisible et une dégradation progressive de la relation entre le ministère et ses différents interlocuteurs.

Dans ces conditions, la question qui se pose aujourd’hui n’a plus rien de polémique.

Elle devient politique, au sens noble du terme : peut-on encore maintenir à son poste un ministre dont le secteur accumule les dysfonctionnements et les alertes publiques ?

Raouf Ben Hédi

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4 commentaires

  1. jamel.tazarki

    Répondre
    29 janvier 2026 | 20h32

    A) La sortie de la caverne de Platon!
    L’Institut d’agriculture urbaine de l’Académie chinoise des sciences agricoles pourrait nous aider à développer notre propre agriculture urbaine afin de nourrir les habitants de nos grandes villes.
    En effet, au cœur de Shanghai, les Chinois ont construit la plus grande ferme urbaine du monde. Cette ferme géante verticale, semblable à un gratte-ciel, cultive 100 hectares de légumes (épinards, choux frisés, cresson, etc.) au cœur de la ville afin de nourrir ses 24 millions d’habitants.
    –>
    De même, la Tunisie doit changer son approche de l’agriculture et adopter la culture hors sol à la chinoise, dont la productivité au mètre carré serait 80 fois supérieure à celle des cultures de plein champ. On y pratique l’aquaponie, on utilise des LED pour l’éclairage et les racines baignent dans des engrais biologiques. On atteint ainsi des rendements impressionnants et même affolants, car il n’y a plus de saison. Ces techniques permettent de dépasser les contraintes climatiques et des sols. C’est une agriculture high-tech qui ne laisse rien au hasard.

    Puis, la Chine est le premier producteur mondial de tomates. Cette production inclut la culture en plein champ et sous abri, ainsi que la production destinée au marché du frais ou à la transformation. La Chine produit 430 tonnes de tomates par hectare, tandis que la Tunisie n’en produit pas plus de 20 tonnes.
    –>
    Et que fait la Tunisie ? Réponse : elle invite nos amis chinois à nous construire un stade de football et un dispensaire plutôt que de tirer parti de leur expérience agricole. En effet, les compences ne manquent pas en Tunisie afin de constuire un stade de football.

    –>
    Puis, pourquoi ne pas construire par nous-mêmes au moins à 80% des bus plutôt que de les commander à nos amis chinois ? Oui, même des bus des années 1930:

    https://cdn.sortiraparis.com/images/1001/14099/100465-balade-en-autobus-anciens-nostalgie-des-annees-30.jpg
    –>
    Un pur travail de forgeron ! Allez voir le forgeron de mon village, Tazarka, il pourrait les construire à bon prix (je rappelle que Siemens était un bricoleur-plombier).

    Revenons maintenant au sujet de l’article. Je propose à M. Ezzedine Ben Cheikh et à tous nos ministres d’aller voir comment les autres pays s’y prennent. Sortez enfin de la caverne de Platon afin de nous apporter un peu de lumière…

    Kais Saied a vidé la Tunisie de ses intellectuels en les emprisonnant de manière abusive et souvent injustifiée. Il a paralysé l’intelligence tunisienne, qui n’ose plus prendre d’initiatives socio-économiques par peur de ses idées souvent injustifiées, de la spéculation et de la corruption.

    Puis, comment pouvons-nous espérer que nos ministres réussissent s’ils ne connaissent même pas les différentes régions de la Tunisie?

    Il faudrait mettre tous nos ministres dans un bus et leur faire découvrir la Tunisie et ses différentes régions. Même Kais Saied ne connaît pas la Tunisie géographique et toutes ses différentes régions…

    Fazit: Des machines cognitives gèrent déjà notre planète, tandis que la Tunisie, installée dans la caverne de Platon, s’y attarde obstinément et y restera pour l’éternité à cause de l’incompétence de certains de nos dirigeants.

    B) L’impuissance apprise

    – Une grande partie de notre peuple est victime du « syndrome d’impuissance apprise ». On la traite en effet de charlatan et d’incapable en permanence, alors qu’elle est dotée d’une grande intelligence.

    L’impuissance acquise correspond à un processus de résignation qui se produit lorsqu’un être humain (ou un animal) est soumis de manière répétée à un stimulus négatif auquel il ne peut échapper. Traiter sans fin un enfant de nul ou un ingénieur de charlatan, c’est le conduire à croire qu’il est nul ou un charlatan.

    On parle alors d’impuissance apprise. Une fois installée, cette attitude résignée contamine même les situations pour lesquelles le comportement d’une personne aurait pu être efficace. Ainsi, même lorsque des moyens de sortir d’une telle situation sont présents, cette impuissance acquise fera en sorte que la personne n’agira plus.
    Tous les moyens de sortir de notre situation socio-économique actuelle sont présents, mais cette impuissance acquise fera en sorte que le Tunisien n’agira plus. Et celui qui ose agir est traité de charlatan.

    À force de traiter les diplômés de nos universités d’incapables et notre jeunesse de bornée, nous finirons par leur transmettre ce que l’on appelle l’« impuissance acquise ».

    – À force de traiter la femme d’être inférieur, nous finirons par induire en elle ce que l’on appelle l’impuissance acquise (Learned Helplessness).

    – Une recherche d’emploi qui se solde par des échecs systématiques peut, à terme, éteindre toute combativité pour retrouver du travail. Le résultat négatif, malgré les actions, sera anticipé et généralisé au point de ne plus rien tenter. L’estime de soi est alors touchée, la motivation baisse et la dépression s’installe.

    –> La capacité à résoudre des problèmes socio-économiques, scientifiques et industriels est comme gelée chez notre peuple. Cette passivité s’est mise en place chez la majorité des Tunisiens, qui s’est plongée dans un état de résignation.

    La notion d’impuissance apprise [Learned Helplessness] est un état proche du renoncement et de la dépression, induit chez un individu (ou un animal) faisant l’expérience d’échecs successifs et d’absence de maîtrise sur ce qui lui arrive.

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    • jamel.tazarki

      Répondre
      30 janvier 2026 | 9h13

      Le génie intellectuel ou artistique ne doit pas placer l’individu au-dessus des lois ou de la morale, mais lui garantir des privilèges. Il pourrait par exemple être placé sous surveillance plutôt que d’être emprisonné. Pourquoi ?
      Réponse:
      – Historiquement, certains courants de pensée estiment que les créateurs exceptionnels ne devraient pas être entravés par les normes sociales ordinaires. En effet, leurs contributions à l’humanité sont si précieuses qu’elles compensent leurs manquements personnels.
      __>
      Friedrich Nietzsche a exploré l’idée du « Surhomme » capable de créer ses propres valeurs au-delà du bien et du mal traditionnels.

      Je reviens au cas de la Tunisie: Emprisoner Mr. Mohamed Frikha est une des graves fautes de Kais Saied. Je rappelle qu’il est un homme d’affaires et ingénieur tunisien de renom, fondateur et PDG du groupe de haute technologie Telnet Holding en 1994, spécialisé dans l’ingénierie et le conseil en télécommunications.

      Points clés sur la carrière et situation de Mr. Mohamed Frikha:
      – Telnet : Fondée en 1994, l’entreprise est devenue un acteur clé de l’ingénierie et est introduite en bourse en 2011. Sous sa direction, Telnet s’est illustrée dans des projets technologiques ambitieux, notamment le lancement de satellites.
      – Syphax Airlines : Lancée par Frikha pour dynamiser la région de Sfax.
      – Il est membre de centres internationaux de recherche scientifique avancée, ce qui lui permet de suivre les dernières avancées de la recherche dans son domaine.

      Et que fait la justice tunisienne ? Réponse : Mohamed Frikha a été arrêté en septembre 2022 dans le cadre d’une enquête liée à Syphax Airlines pour apparemment ne pas avoir payé des factures de corésène consommée par un avion de la compagnie. 🙂 🙂
      –>
      une histoire à dormir debout!

      –>
      Kais Saied a déclaré la guerre à tous ceux qui profitent du système, alors que son salaire mensuel, en pourcentage du PIB national, est de trop trop loin supérieur à ceux du chancelier allemand ou du président français (je dis bien en pourcentage du PIB). Au lieu de distribuer des accolades et des poignées de main aux victimes des intempéries de ces derniers jours, il ferait mieux de renoncer à un salaire mensuel de 17 000 dinars pour le donner aux plus démunis. Et pourquoi ne pas se limiter à un salaire mensuel de 4 000 dinars pour montrer l’exemple?

      – De même, Kais Saied devrait donner l’exemple en limitant le budget de la présidence de la République à 100 millions de dinars au plus, en ces temps socio-économiques difficiles pour les Tunisiens et la Tunisie.

      – Je suis extremement décu, non pas parceuque Kais Saied est aussi gourmenent que les autres de nos polticiens. Plutôt, parceque j’ai cru en lui!

      – Je suis extrêmement déçu, non pas parce que Kais Saied est aussi gourmand de pouvoir et d’argent que les autres de nos politiciens. Non, Plutôt parce que j’ai cru en lui !

      Par contre, je n’étais pas déçu de Ben Ali, car je savais qu’il était un gourmand de pouvoir et d’argent. La déception vient du fait de la confiance non justifiée que l’on accorde à une personne.

      B) Les stoïciens:
      – Pour les stoïciens, nous sommes effectivement responsables de nos déceptions car elles ne résultent pas des événements eux-mêmes, mais de nos jugements et attentes sur des éléments incontrôlables. En distinguant ce qui dépend de nous (nos pensées, désirs) de ce qui n’en dépend pas (les actions d’autrui, le destin), nous pouvons supprimer la souffrance inutile.

      – La déception est intérieure : La déception est une émotion résultant de nos propres jugements et attentes, et non de la réalité extérieure.

      – La fausse attente : Espérer des résultats, des comportements d’autrui ou des événements extérieurs, c’est se rendre passif et vulnérable. La déception survient quand le réel ne correspond pas à nos attentes irrationnelles.

      – Maîtrise du jugement : Le stoïcisme (selon Philomag, Medium) suggère que nous avons le pouvoir de changer nos émotions en changeant notre regard sur le monde.

      – Acceptation et action : Il faut accepter le cours des événements tout en se concentrant sur nos propres actions et intentions (la responsabilité morale) plutôt que sur les résultats, qui sont incertains.

      En résumé, la déception est un problème de gestion de ses propres attentes, et non une conséquence inévitable du monde extérieur.

      Bonne journée

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

  2. HatemC

    Répondre
    29 janvier 2026 | 20h11

    En 1935 la Tunisie importatrice de blé est devenue exportatrice sous la régence Française aujourd’hui en 2026 la Tunisie importe son blé cherchez l’erreur

    Ce film fait un état des lieux de la situation agricole en Tunisie, passablement altérée par les années de guerre.
    Le pays garde cependant un potentiel agricole énorme.
    Dans la vallée de la Medjerda, quelques fellahs continuent à cultiver le blé avec les méthodes les plus archaiques.
    Mais d’autres agriculteurs se sont regroupés en coopérative, profitant des machines agricoles les plus modernes, de silos à grains gigantesques.
    Le vignoble tunisien a été ravagé d’un tiers par le phylloxéra. Mais, grâce au remplacement progressif des plans malades, l’espoir est grand qu’il retrouve sa surface d’antan.
    Avec ses 22 millions d’oliviers, l’oléiculture est la 3ème plus importante production du pays.
    La cueillette des olives se fait encore de manière ancestrale, les cueilleurs armant leurs doigts de cornes de mouton.
    En Tunisie, on récolte aussi l’alfa, graminée précieuse servant à la fabrication des papiers les plus fins. Les exportations d’agrumes ont baissé pendant la guerre, mais cette production ne peut que s’accroitre dans l’avenir, ainsi que la production de dattes dans le sud du pays. La Tunisie possède également un cheptel porcin, ovin, bovin non négligeable et l’élevage des chevaux continue à avoir une place de choix.

    Nous sommes en 1935

    https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/afe01000102/tunisie-royaume-agricole?fbclid=IwY2xjawPojzlleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe8lEK897pAgVO1F9bFT3WEufFT5CQWjk294P360_xgxQ7qZ5oXlSKldZqs3E_aem__9BqD5UTbaymxM0A_v3d1Q

  3. Nahor Guëttam

    Répondre
    29 janvier 2026 | 14h01

    L’agriculture reste le secteur productif national le plus important en Tunisie: sa crise pose un problème vital, autant plus que le secteur industriel relativement developpé rencontre des crises périodiques et de mise-à-niveau. Il ne faut pas oublier, par exemple, le grave problème ambiental du Groupe Chimique de Gabès.

    Pour cela l’article de Raouf ben Hédi pose des questions intéressantes sur la gestion du ministère de l’Agriculture, depuis qu’un technocrate apparamment prometteur a remplacé un général de l’Armée. Comment des defaillances, directement liées au marché économique, se sont-elles produites?

    Peut-être que les compétences techniques du ministre, M. Ben Cheikh, devaient être renforcées par une coopération et un conseil particulier de la part du ministère du Commerce et de la Coopération extérieure, dans une gouvernance qui devient chaque jour plus chaotique et poussée vers des polémiques à fond anarchique.

    Un signe de mauvais calculs géopolitiques n’a pas été noté par le journaliste. En fait, le collègue Firas Ben Abdeltif, samedi 24 janvier 2026, avait bien titré son court article pour Tunis-Webdo: « Tunisie–Iran : L’agriculture au cœur d’un climat géopolitique sensible ».

    Il rapporte comment M. Ezzeddine Ben Cheikh, avait reçu, vendredi 23 janvier, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Tunisie, pour un entretien consacré au renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur agricole. Tout cela pose des grosses interrogations.

    Comment la république islamique iranienne, connue pour sa mauvaise gestion des ressources hydriques dans une situationune secheresse décènnale qui a largement contribué à son effondrement économique et par la suite à l’éclatement de la plus grave révolte populaire de son histoire depuis Khomeini, pourrait aider la Tunisie?

    L’interrogation pose beaucoup sur la responsabilité directe du ministre tunisien de l’Agricolture, dans l’emergence de trouver un marché à ses produits, particulièrement pour la production de l’huile d’olive, mais qui ne s’est pas inquieté de la situation géopolitique gravissime. Ou s’agit-il d’un coup d’ agit-prop idéologique du président lui même, M. Saied, pointé par ses critiques par un rapprochement progressif, en déhors de l’histoire diplomatique de la Tunisie, vers une forme de complaisance, voir de sympathie même, pour une théocratie chiite repressive et anti-démocratique, comme nous voyons dans la crise internationale qu’elle a provoqué actuellement?

    Le fait curieux est que, à quelques jours seulement de distance des propositions et dispositions tenues par le ministre Ben Cheikh à l’ambassadeur iranien, en l’absence apparente d’une coordination avec le ministère des Affaires Etrangères, ce dernier a reçu l’envoyé spécial américain et haut conséiller présidentiel de M. Trump, M. Massad Boulos, accompagné de son chef de cabinet, de Kyle Liston, sous-secrétaire d’État adjoint par intérim pour l’Afrique du Nord et la péninsule arabique, et bien-sûr compris dans la délégation M. l’ambassadeur US Bill Bazzi.

    Coincidence extraordinaire, on a abordé au siège de ministère des Affaires etrangères à Tunis, la collaboration agricole et tout spécialement la possibilité d’exporter l’huile d’olive tunisienne vers les marchés nord-américains. On remarquera l’absence physique et le manque apparent de coordination avec le « technocrate » M. Ben Cheikh.

    Tout laisse penser, donc, en suivant les elements journalistiques de Raouf ben Hédi, que les choses vont évoluer vers un enième ejection de « fusible » ministeriel. Et pauvre la stratégie deboussolée de la Tunisie dans en evironnement régional enflammé!

    N.G.M. – activiste indépendant pour les Droits humains en Afrique

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