Le collectif Stop Pollution a lancé un nouvel appel à la mobilisation citoyenne à Gabès, dénonçant la poursuite de ce qu’il qualifie de « crime environnemental » lié aux activités des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT).
Il a exhorté les citoyens à participer massivement au rassemblement prévu le samedi 31 janvier 2026 à 10h30, devant le siège du gouvernorat de Gabès, afin de réaffirmer les revendications du mouvement et poursuivre la lutte jusqu’au démantèlement total des unités chimiques polluantes.
Dans un communiqué publié dans la soirée du mercredi 28 janvier 2026, le collectif a alerté sur l’absence de mesures concrètes pour mettre en œuvre la volonté populaire, rappelant que la question a été définitivement tranchée par la population le 21 octobre 2025, à l’issue d’un référendum populaire direct, au cours duquel plus de 130.000 citoyennes et citoyens se sont prononcés en faveur du démantèlement des unités du Groupe chimique et de la fin d’une pollution qualifiée de chronique et structurelle.
Stop Pollution a dénoncé une politique de procrastination, pointant du doigt l’absence de traduction concrète des engagements des autorités officielles, malgré la mise en place, le 8 novembre 2025, d’un groupe de travail par la présidence de la République, dont les travaux se sont achevés le 13 janvier 2026 sans annonce claire concernant les mesures opérationnelles attendues.
Évoquant le procès en cours, le collectif a avancé que le processus suivait la même logique d’atermoiement. La décision dans l’affaire en référé visant à suspendre l’activité du Groupe chimique tunisien a de nouveau été reportée, la date du prononcé du jugement étant repoussée du 22 janvier au 12 février 2026.
Réitérant les revendications des habitants de Gabès — l’exécution immédiate de la décision de démantèlement des unités polluantes, notamment — le collectif a réaffirmé son attachement à la reddition de comptes de tous les responsables impliqués dans les crimes environnementaux et les fuites ayant provoqué des asphyxies collectives, qu’ils relèvent du Groupe chimique, du gouvernement ou des ministères de l’Industrie et de l’Environnement.
Il a, par ailleurs, rejeté l’implantation de nouveaux projets qu’il juge prédateurs, tels que ceux liés à l’hydrogène vert et à l’ammoniac vert, et a plaidé pour un modèle de développement alternatif respectueux de l’environnement et de la dignité humaine à Gabès.
La région de Gabès vit depuis plusieurs semaines dans un climat d’attente tendue, dans l’espoir du démarrage effectif de l’exécution du choix populaire en faveur du démantèlement des unités polluantes du GCT.
Des fuites de gaz toxiques ont continué d’être signalées, provoquant de nouveaux cas d’asphyxie collective, tandis que certaines unités, à l’arrêt depuis plusieurs mois, ont été remises en service. Une situation qui, selon Stop Pollution, a aggravé la dégradation environnementale et renforcé le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de la région.
N.J














