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Accord Tunisie–Italie : que prévoit vraiment le dispositif des 4.000 contrats non saisonniers par an ?

Par Rabeb Aloui


Des publications virales sur les réseaux sociaux et des messages circulant sur des forums communautaires prétendent que la Tunisie et l’Italie ont signé un accord officiel ouvrant droit à 4.000 contrats de travail non saisonniers chaque année pour des ressortissants tunisiens, souvent présenté comme un « accord historique » déjà en vigueur.

Ces messages, sans aucune source institutionnelle vérifiable, ont été largement partagés ces derniers jours, notamment dans des groupes de discussion, suscitant un mélange d’espoir, de confusion et d’interrogations parmi les chercheurs d’emploi et leurs familles.

Un mémorandum d’entente, pas un traité contraignant

En examinant les informations disponibles auprès de sources officielles et des dépêches d’agences, on constate que cet accord n’a pas été publié comme un traité bilatéral complet avec des engagements juridiques fermes et immédiatement exécutoires.

Ce qui existe réellement, c’est un mémorandum d’entente signé en octobre 2023 entre la Tunisie et l’Italie, visant à mieux gérer les flux migratoires et promouvoir l’emploi régulier dans le cadre d’une coopération sur la migration légale. Ce mémorandum inclut la possibilité pour 4.000 travailleurs qualifiés tunisiens d’obtenir chaque année des contrats de travail non saisonniers en Italie, sous réserve de conditions de qualification professionnelle, de quotas et de procédures administratives spécifiques.

Cette initiative a été signée en présence de responsables des deux gouvernements, dont l’ancien ministre tunisien des Affaires étrangères Nabil Ammar et le vice-Premier ministre italien Antonio Tajani, qui ont souligné l’intention commune de favoriser une migration régulière plutôt que l’irrégularité, répondant à la fois aux besoins du marché du travail italien et aux aspirations des jeunes Tunisiens.

Une interprétation souvent exagérée

Cependant, cet accord ne constitue pas une mise en œuvre automatique et immédiate à grande échelle. Sa réalisation dépend de textes secondaires, de décisions administratives italiennes, des quotas annuels publiés par le ministère italien du Travail, ainsi que des procédures nationales de visas et d’autorisations de travail que doivent respecter les candidats engagés dans ce processus.

En conséquence, présenter cette coopération comme une garantie officielle immédiatement applicable de 4.000 emplois non saisonniers par an pour tous les Tunisiens est une interprétation exagérée et trompeuse. Ce chiffre correspond à une possibilité offerte par un cadre de coopération, mais ne signifie pas une admission automatique à l’emploi ou à la résidence pour des milliers de personnes sans passer par les procédures juridiques et administratives requises.

R.A.

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