La chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis a décidé, vendredi 30 janvier 2026, de lever le délibéré dans l’affaire dite du « racisme » impliquant l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, poursuivie en liberté, et de reporter l’examen du dossier à l’audience du 3 avril prochain, en réponse à une demande de la défense.
Selon une source judiciaire citée par l’agence Tap, la juridiction a accédé à la requête formulée par les avocats de la défense lors de l’audience tenue aujourd’hui.
Pour rappel, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis avait condamné Sonia Dahmani à deux ans de prison pour « usage des réseaux et systèmes d’information et de communication en vue de produire, diffuser et préparer de fausses informations », en application de l’article 24 du décret-loi 54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication.
Cette affaire trouve son origine dans des déclarations faites par Sonia Dahmani dans le cadre de son travail de chroniqueuse, lorsqu’elle évoquait la réalité de la discrimination raciale en Tunisie. Elle avait alors cité des exemples concrets illustrant la persistance de pratiques et de discours racistes dans la société. Ces prises de parole médiatiques ont toutefois été requalifiées par les autorités comme relevant de la diffusion de fausses informations, ce qui a constitué la base des poursuites engagées contre elle au titre du décret-loi 54.
Par ailleurs, une décision de la ministre de la Justice, en date du 27 novembre 2025, a accordé à Sonia Dahmani le bénéfice de la libération conditionnelle, ce qui a conduit à sa remise en liberté, selon une source informée citée par la Tap.
Il est à rappeler que le juge d’instruction avait émis, le 12 mai 2024, un mandat de dépôt à l’encontre de l’avocate et commentatrice médiatique, après son arrestation le 11 mai 2024. D’autres mandats de dépôt ont ensuite été émis à son encontre dans le cadre de cinq affaires distinctes, toutes fondées sur le décret-loi n°54.
S.H










