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Rumeur sur le virus Nipah : pas de cas confirmé en France

 Une publication largement relayée sur Facebook et WhatsApp affirmant que la France aurait annoncé un premier cas du virus Nipah a suscité une vive inquiétude en Tunisie. Les réactions des internautes ont été immédiates et souvent alarmistes, certains évoquant un « nouveau virus dangereux aux portes de l’Europe », d’autres exprimant la crainte d’un scénario similaire à celui de la pandémie de Covid-19. Dans plusieurs commentaires, des Tunisiens se sont interrogés sur la capacité du système de santé à faire face à une éventuelle propagation, tandis que d’autres appelaient les autorités à renforcer les contrôles sanitaires et à communiquer rapidement pour rassurer les gens.

Cette inquiétude s’est nourrie d’une confusion entre des informations réelles concernant des cas récents signalés en Inde et une annonce inexistante attribuée à la France. Les publications virales ne citent aucune source officielle française ou européenne et se contentent d’affirmations vagues, souvent accompagnées de titres sensationnalistes. Cette manière de présenter l’information donne l’impression que le virus progresse rapidement vers l’Europe, alors qu’aucun élément factuel ne vient étayer cette hypothèse.

Après vérification auprès de sources sanitaires fiables, aucune autorité française n’a annoncé la détection d’un cas de virus Nipah en France. Les cas connus et documentés concernent exclusivement certaines régions d’Asie.

Le virus Nipah a été identifié pour la première fois en 1998 en Malaisie, lors d’une épidémie ayant touché des éleveurs de porcs. Depuis, des flambées ont été signalées principalement au Bangladesh et en Inde, notamment dans l’État du Kerala, avec des cas sporadiques et localisés. Ces épisodes restent étroitement liés à des contextes géographiques précis.

Le virus Nipah est une maladie zoonotique, c’est-à-dire qu’il se transmet de l’animal à l’homme. Son principal réservoir naturel est la chauve-souris frugivore du genre Pteropus, présente dans plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est. La transmission à l’homme peut se faire par contact direct avec des animaux infectés, par la consommation d’aliments contaminés, comme des fruits ou de la sève de palmier, ou plus rarement par transmission interhumaine lors de contacts étroits. Ces conditions de transmission expliquent pourquoi le virus reste limité à certaines zones géographiques et ne circule pas librement à l’échelle mondiale.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le virus Nipah est classé parmi les agents pathogènes nécessitant une surveillance renforcée en raison de sa gravité potentielle. Certaines flambées ont présenté des taux de mortalité élevés, ce qui contribue à la perception d’un virus particulièrement dangereux. Toutefois, les autorités sanitaires internationales soulignent que les foyers restent rares, rapidement identifiés et circonscrits. À ce jour, aucun cas n’a été signalé en Europe.

Les annonces les plus récentes concernant le virus Nipah datent de janvier 2026, lorsque les autorités sanitaires indiennes ont confirmé deux cas dans l’État du Bengale-Occidental. Ces cas ont fait l’objet d’un suivi épidémiologique renforcé, avec l’identification et le dépistage des personnes contacts.

R.A.

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