Vues depuis l’espace, les images satellites de ce samedi 31 janvier 2026 donnent la mesure de la dégradation météorologique qui a frappé la Tunisie. Au-dessus du bassin central de la Méditerranée, un vaste système dépressionnaire s’est structuré, étirant ses bras nuageux jusque sur l’ensemble du territoire tunisien.
Sur les cartes de vents, les lignes de flux dessinent de larges spirales, signe d’une circulation atmosphérique intense. Des courants puissants convergent vers le nord du pays, balayant la côte et l’intérieur des terres. Les teintes jaunes, orangées et parfois violacées qui apparaissent sur les visualisations traduisent des rafales particulièrement fortes, atteignant localement des vitesses proches de 110 km/h, notamment sur les régions du Centre-Est et du Nord.
Depuis le ciel, la Tunisie apparaît ainsi prise dans un vaste couloir venteux, coincée entre des masses d’air en rotation au large de la Sicile et une dépression active s’étendant de l’Algérie vers la Libye.

Une couverture nuageuse dense et tourmentée
Les images issues des satellites Meteosat montrent une épaisse chape nuageuse recouvrant le nord et le centre du pays. Les nuages, d’un blanc éclatant, parfois boursouflés, témoignent d’une activité convective marquée. Par endroits, les formations nuageuses s’organisent en amas compacts, laissant peu de place aux éclaircies.
Sur le Nord-Ouest, notamment vers Jendouba, Béja et Le Kef, les nuages apparaissent plus denses et plus sombres sur les images infrarouges, indiquant des sommets élevés et donc un potentiel pluviométrique important. Le long du littoral nord et du Sahel, les masses nuageuses semblent s’enrouler et s’étirer, portées par des vents violents en altitude.
Plus au sud, si le ciel paraît légèrement plus dégagé, les images de vents révèlent néanmoins des flux soutenus, capables de soulever sable et poussières, en particulier dans les régions désertiques.

Pluies intenses sur le Nord, vents généralisés
Les cartes de précipitations confirment ce que suggèrent les images satellites : les pluies les plus marquées concernent le Nord et les zones côtières. Des bandes pluvieuses continues s’étendent de l’extrême Nord-Ouest jusqu’au Grand Tunis, avec des noyaux plus actifs sur les gouvernorats de Jendouba, Béja et Le Kef, où les cumuls peuvent être localement importants.
Sur le Sahel et le Centre-Est, les précipitations apparaissent plus éparses mais parfois orageuses, tandis que le vent domine nettement la situation météorologique. À l’échelle du pays, les images donnent l’impression d’une Tunisie littéralement balayée, sans réelle zone épargnée.

Vigilance orange et appel à la prudence
Face à cette configuration atmosphérique particulièrement instable, l’Institut national de la météorologie (INM) a placé la majorité des régions en vigilance orange. Les gouvernorats concernés s’étendent du Nord-Ouest au Sud-Est, incluant notamment le Grand Tunis, Nabeul, Bizerte, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Kairouan, Kasserine, Gafsa, Gabès, Médenine et Tataouine.
Les autorités mettent en garde contre les perturbations possibles des transports, les risques pour les réseaux électriques et de télécommunications, ainsi que les dangers liés aux chutes d’arbres ou de poteaux sous l’effet des rafales.
Depuis l’espace, la scène est saisissante : une Tunisie cernée par les vents et les nuages, sous l’influence directe d’une Méditerranée en pleine agitation hivernale.
R.B.H










