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Le président du Conseil des régions et des districts visé par une motion de retrait de confiance

Par Raouf Ben Hédi

La contestation monte au sein du Conseil national des régions et des districts. 28 députés sur les 77 que compte l’institution – soit plus du tiers – ont déposé, vendredi 30 janvier 2026, une motion visant le retrait de confiance de son président, Imed Derbali. Les signataires présentent cette initiative comme une « démarche correctrice historique » et parlent d’une véritable « révolution interne » contre l’inertie et ce qu’ils qualifient de « pouvoir de l’ombre ».

La motion a été déposée au bureau central d’enregistrement du Conseil et reste ouverte à d’autres signatures, plusieurs élus ayant déjà exprimé leur volonté de rejoindre cette initiative.

Dérives dans la gestion et décisions unilatérales

Dans une déclaration accordée à l’agence TAP, le député Ali Hassoumi, l’un des signataires, explique que plusieurs raisons ont conduit à ce geste inédit. Il évoque notamment des violations répétées du règlement intérieur du Conseil et une gestion marquée par l’unilatéralisme.

Selon lui, certaines décisions sont prises de manière individuelle, sans passer par le bureau du Conseil, en plus d’un mépris persistant des demandes des députés. Parmi celles-ci figure la nécessité de renforcer l’institution par des conseillers compétents, notamment dans les domaines économique et financier, afin d’améliorer la qualité des travaux et l’efficacité de cette chambre parlementaire.

Un Conseil coupé de son environnement

Les critiques portent également sur le fonctionnement global du Conseil national des régions et des districts. Ali Hassoumi estime que l’institution est restée, depuis près d’un an et demi, largement fermée sur elle-même. Les propositions émanant des citoyens, de la société civile ou d’autres structures ne seraient ni transmises aux députés ni débattues au sein du Conseil.

Cette situation aurait fini par lasser plusieurs élus, excédés par ce qu’ils décrivent comme des pratiques de temporisation et de blocage systématique des travaux.

Le député précise toutefois que la motion ne vise pas la personne du président en tant que telle, mais les méthodes de gestion adoptées. L’objectif affiché est un changement radical dans le mode de fonctionnement du Conseil, afin de lui redonner un rôle effectif.

« Révolution interne » et défense du projet de construction par la base

Dans le texte de la motion, rendu public par certains députés, les signataires affirment que cette initiative s’inscrit dans une volonté sincère de correction du parcours politique en cours. Ils y dénoncent « l’inertie » et « la domination d’un pouvoir informel », ainsi que les tentatives de transformer la seconde chambre législative en simple façade institutionnelle.

Les députés assurent que leur démarche vise avant tout à activer la philosophie de la « construction par la base » et à consacrer une souveraineté populaire partant des collectivités locales. Ils plaident pour une relation organique et complémentaire avec les conseils locaux, régionaux et territoriaux, afin de garantir la cohérence du processus de développement.

Ce que prévoit le règlement intérieur

Sur le plan juridique, l’article 30 du règlement intérieur du Conseil national des régions et des districts prévoit la possibilité de retirer la confiance au président ou à l’un de ses vice-présidents, à condition d’obtenir la majorité absolue des membres.

La procédure débute par une demande écrite et motivée, déposée par au moins un tiers des députés. Le président du Conseil est tenu de publier la demande sur le site officiel dans un délai maximal de 24 heures, puis de convoquer le bureau du Conseil dans les 72 heures suivant le dépôt.

La motion doit ensuite être soumise au vote de la séance plénière dans un délai ne dépassant pas trois semaines. En cas d’adoption, la vacance est comblée selon la même procédure élective prévue par le règlement intérieur.

Cette initiative ouvre désormais une séquence politique délicate pour le Conseil national des régions et des districts, dont le fonctionnement et la crédibilité sont plus que jamais remis en question.

R.B.H

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