Le projet de Loi de finances pour 2026 en France a été définitivement adopté lundi soir, 2 février 2026, après le rejet des deux motions de censure déposées par le Rassemblement national et une coalition de gauche hors Parti socialiste. Le budget, fruit de quatre mois de débats tendus, doit encore être validé par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation.
Un compromis délicat face aux résistances parlementaires
Pour faire adopter le projet de loi de finances, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dû recourir à trois reprises à l’article 49.3, contournant ainsi le vote direct à l’Assemblée. Initialement, le déficit public devait passer de 5,4 % à 4,7 % du PIB en 2026, mais il sera finalement maintenu à 5 % à cause des concessions faites notamment sur la Sécurité sociale et les dépenses de l’État. Les dépenses publiques diminueront légèrement, tandis que le taux de prélèvements obligatoires augmentera légèrement. Le déficit de l’État reste proche de celui de 2025, autour de 132 milliards d’euros.
Malgré les critiques d’une partie de l’opposition qui dénonce un creusement de la dette et une pression fiscale renforcée sur les entreprises, le gouvernement souligne un net ralentissement de la hausse des dépenses publiques, tombant à moins d’1 % en volume.
Des mesures contestées, des priorités affirmées
Le cadre fiscal reste stable pour la majorité des ménages et des entreprises, même si plusieurs hausses d’impôts ciblent les grandes sociétés. La France insoumise, très critique, annonce une saisine du Conseil constitutionnel et rejette ce budget qu’elle juge injuste. Les socialistes, partie prenante du compromis, ont obtenu des améliorations sociales, telles qu’une hausse de la prime d’activité, la généralisation des repas à un euro pour les étudiants et une meilleure protection des aides au logement.
Les crédits militaires bénéficient d’une forte augmentation, confirmant la priorité donnée à la Défense. En revanche, certains secteurs comme l’écologie, la culture ou le développement territorial subissent des réductions budgétaires. Par ailleurs, les aides à la rénovation énergétique seront réactivées avec un budget maintenu, tandis qu’un nouveau dispositif fiscal incitera à l’investissement locatif privé. Enfin, les aides au logement seront revalorisées, mais excluront certains étudiants étrangers non boursiers à partir de la rentrée 2026.
R.B.H










