La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis a rendu, à l’aube de ce mardi 3 février 2026, son verdict dans une affaire de corruption financière impliquant des responsables politiques, des cadres d’une entreprise publique et le fondateur d’une compagnie aérienne privée.
L’homme d’affaires Mohamed Frikha, directeur général de Syphax Airlines, a été condamné à sept ans de prison, une peine assortie d’amendes financières.
Dans le même dossier, le dirigeant du mouvement Ennahdha, ancien ministre du Transport et président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni, a écopé d’une peine de deux ans de prison, également assortie d’amendes. Le parquet a annoncé son intention de faire appel du jugement prononcé à son encontre.
La juridiction a également condamné deux anciens cadres de la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP-Agil) à six ans de prison chacun, le tout assorti de sanctions financières. Les quatre accusés ont été jugés coupables dans le cadre d’une affaire qualifiée de corruption financière et administrative.
Des soupçons liés à l’approvisionnement en kérosène
Selon les éléments du dossier, Mohamed Frikha est soupçonné d’avoir bénéficié de quantités de kérosène fournies gratuitement par la SNDP-Agil pour les besoins opérationnels de Syphax Airlines. Ces avantages présumés auraient été accordés sans respect des procédures légales et contractuelles en vigueur, causant un préjudice à l’entreprise publique.
L’affaire implique également Abdelkarim Harouni, en sa qualité d’ancien ministre du Transport, en raison de soupçons de facilitation ou d’intervention abusive dans ces transactions, dans un contexte où Syphax Airlines faisait face à de graves difficultés financières.
Les deux anciens cadres de la SNDP-Agil condamnés dans cette affaire sont, quant à eux, accusés d’avoir participé à ces opérations en violation des règles de gestion et de contrôle applicables aux entreprises publiques.
La position de Syphax Airlines
Au cours de la procédure, Syphax Airlines a toujours contesté les accusations portées à son encontre. La compagnie aérienne a notamment démenti avoir bénéficié d’un approvisionnement en kérosène à crédit sans autofinancement ni garanties.
Elle a également affirmé avoir réglé une part importante de ses dettes envers la Société nationale de distribution des pétroles, précisant que le reliquat avait fait l’objet d’un rééchelonnement dans le cadre d’un plan de sauvetage approuvé par la justice tunisienne. Ces arguments n’ont toutefois pas suffi à convaincre la juridiction pénale, qui a estimé que les faits reprochés étaient constitutifs d’infractions pénales.
Un renvoi après instruction approfondie
En amont du procès, la chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis avait décidé de renvoyer Mohamed Frikha, Abdelkarim Harouni et les deux anciens cadres de la SNDP-Agil devant la chambre criminelle compétente. Elle avait considéré que les faits reprochés présentaient des éléments constitutifs d’infractions d’ordre financier, justifiant un jugement au fond.
Rappel des poursuites
Les poursuites portent sur des soupçons de corruption financière et administrative dans le cadre de transactions conclues entre Syphax Airlines, dirigée par Mohamed Frikha, et la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP-Agil).
Les prévenus sont notamment poursuivis pour abus de fonction au sens de l’article 96 du Code pénal, lequel réprime l’utilisation, par un agent public, de sa position afin de procurer un avantage indu à lui-même ou à un tiers, au détriment de l’administration et en violation des règles en vigueur.
I.N.












Commentaire
jamel.tazarki
Liberté pour Mr. Frikha!
Il n’existe aucune preuve que, je cite, « selon les éléments du dossier, Mohamed Frikha est soupçonné d’avoir bénéficié de quantités de kérosène fournies gratuitement par la SNDP-Agil pour les besoins opérationnels de Syphax Airlines ».
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Y a-t-il des témoins disposant de preuves solides et irréfutables ? Non, il n’y en a probablement pas.
Certes, il y a des factures impayées dont le montant a été entre-temps gonflé ! Mais il n’y a aucune preuve de fraude ou de corruption de la part de M. Frikha. La preuve que tous les achats de Korésènes ont été facturés. Un plan de sauvetage a été approuvé par la justice tunisienne et les factures impayées ont été gelées le temps que l’entreprise se remette.
Vous me dites que la justice n’était pas indépendante autrefois. Réponse : est-elle indépendante aujourd’hui ?
Conclusion : il faut être formel et cesser d’emprisonner des innocents sur la base de soupçons non vérifiés. Il se peut que M. Frikha ait triché, mais aucune preuve ne le démontre. En effet, tous les achats ont été facturés, et rien ne prouve le contraire !
C’est comme le proverbe absurde tunisien : « Quand tu rentres chez toi, frappe ta femme. » Si tu ne sais pas pourquoi. Elle devrait le savoir.
Je ne suis fan ni du clan RG ni du clan KS. Ils sont tous les deux de trop en Tunisie. La Tunisie a besoin d’un État de droit, pas d’une dictature !
Il est temps d’introduire l’enseignement des mathématiques dans toutes les sections du baccalauréat en Tunisie, à l’instar de ce qui se fait en Allemagne, notamment à la faculté de droit.
Le droit fiscal, en particulier, requiert de solides bases en mathématiques !
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien