Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaïd, a annoncé mardi 3 février 2026 que de nouveaux recrutements seront programmés au cours de l’année afin de répondre aux besoins exprimés par les universités.
Un nombre important de postes sera pourvu, conformément aux dispositions prévues par la Loi de finances, dans le but de renforcer les ressources humaines au sein des établissements universitaires.
Réforme de la gouvernance universitaire en débat
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par un débat autour d’une proposition de loi visant à modifier le mode de gouvernance des universités, notamment en ce qui concerne la désignation des présidents d’université.
Réagissant aux réserves exprimées par la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le ministre a indiqué que son département est engagé dans une évaluation globale du système universitaire, inscrite dans une démarche de gouvernance institutionnelle.
À cet effet, une commission relevant du Conseil des universités a été mise en place au niveau du ministère. Elle est chargée de revoir le cadre juridique régissant l’enseignement supérieur, en tenant compte des expériences nationales, régionales et internationales, tout en respectant les principes constitutionnels relatifs aux libertés académiques et à la liberté de la recherche scientifique.
Vers une nomination ministérielle des présidents d’université
Selon le ministre, l’approche adoptée vise à améliorer la qualité de l’enseignement et de la formation, tout en renforçant les mécanismes de bonne gouvernance au sein des universités. L’accent est notamment mis sur les systèmes d’évaluation, de suivi et de performance des institutions universitaires.
De son côté, la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a publié, hier, un communiqué dans lequel elle exprime son refus catégorique d’une proposition de loi déposée par 27 députés visant à modifier le mode de désignation des présidents d’université. Le syndicat met en garde contre un retour à des pratiques de nomination administrative susceptibles de favoriser des logiques de loyauté au détriment de l’autonomie universitaire.
Le texte proposé prévoit l’abrogation de l’actuel article 15 de la loi de 2008, tel que modifié en 2011, et son remplacement par une nouvelle disposition confiant au ministre de l’Enseignement supérieur la nomination des présidents d’université, après appel à candidatures, parmi des enseignants reconnus pour leur compétence. Il fixe également une limitation du mandat à deux périodes, consécutives ou non.
M.B.Z













