Une publication largement partagée sur les réseaux sociaux affirme que le prétendu « virus Nipah » aurait provoqué une vague de peur avant de « disparaître en deux jours ». Le message s’en prend directement aux pages d’alerte sanitaire, accusées de manipuler l’opinion publique. Il va plus loin en suggérant que les virus seraient fabriqués de toutes pièces, que la peur serait un outil de contrôle des populations, et que les vaccins seraient plus dangereux que les maladies elles-mêmes.

Présentée sur un ton sarcastique et accusateur, la publication insinue l’existence d’un nouveau complot mondial, dans la lignée des discours apparus durant la pandémie de Covid-19. Selon ce récit, chaque alerte sanitaire cacherait un agenda secret, et l’absence de morts visibles ou immédiates serait la preuve que la menace n’a jamais existé. Ce type de message a été relayé, souvent sans vérification, dans des groupes et pages habitués à diffuser des contenus alarmistes ou complotistes.
Ce discours s’inscrit clairement dans une logique complotiste : le virus y est présenté comme une invention médiatique, la peur comme un outil volontairement entretenu, et la science comme une façade au service d’intérêts occultes.
Après vérification, ces affirmations sont trompeuses et reposent sur une interprétation erronée des faits.
Le virus Nipah existe bel et bien. Il a été identifié pour la première fois en 1998 en Malaisie. Il s’agit d’un virus zoonotique, transmis principalement par des chauves-souris frugivores, et susceptible de provoquer des formes graves de la maladie, notamment des troubles respiratoires et des encéphalites, avec un taux de mortalité élevé dans certains foyers épidémiques.
Contrairement à ce que suggère la publication virale, il n’a jamais été question d’une pandémie mondiale ni d’une disparition « en deux jours ». Les infections liées au virus Nipah surviennent généralement sous forme de foyers limités, localisés dans certains pays d’Asie, et font l’objet d’une surveillance étroite par les autorités sanitaires afin d’éviter toute propagation. Le fait qu’un virus ne fasse pas durablement la une des médias ne signifie en aucun cas qu’il est fictif, mais qu’il est contenu et suivi dans un cadre sanitaire précis.
Par ailleurs, il n’existe à ce jour aucun vaccin largement distribué contre le virus Nipah, ce qui contredit l’idée avancée d’un « vaccin accompagnant » destiné à nuire aux populations. Les alertes sanitaires émises à son sujet ont pour seul objectif d’informer, de surveiller et de prévenir, et non de semer la peur ou de manipuler l’opinion publique.
En définitive, la publication virale détourne un fait réel – l’existence du virus Nipah – pour l’inscrire dans un récit complotiste infondé. Le virus Nipah n’est ni une invention médiatique ni une arme secrète, mais un agent pathogène réel, rare, étroitement surveillé et largement documenté par la recherche scientifique.
R.A.












