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Interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une ONG plaide pour une loi restrictive en Tunisie

Par Nadya Jennene

L’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée a diffusé, mercredi 4 février 2026, un communiqué appelant les autorités tunisiennes à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. 

L’organisation a exprimé sa vive inquiétude face à l’augmentation des comportements violents chez les enfants et à la multiplication des formes de violences dont ils sont victimes en ligne, notamment le chantage, l’exploitation et le cyberharcèlement. Selon elle, l’espace numérique actuel, insuffisamment encadré, constitue une menace directe pour l’équilibre émotionnel, éducatif et comportemental des enfants.

S’appuyant sur des études psychologiques et des rapports éducatifs récents, l’organisation a souligné que l’exposition précoce aux réseaux sociaux favorise l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et l’isolement social, tout en contribuant à la banalisation de contenus violents ou inappropriés. 

« L’Organisation estime que laisser des enfants de moins de 15 ans à la merci d’applications commerciales qui ne tiennent aucunement compte de leur âge ni de leur maturité psychologique constitue une forme de négligence institutionnelle et une violation flagrante du principe de ‘l’intérêt supérieur de l’enfant’, consacré par les conventions internationales, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant », lit-on dans le communiqué.

Cette situation, ajoute-t-elle, affaiblit le rôle de la famille et de l’école et nuit gravement au rendement scolaire et à la construction des valeurs chez les jeunes.

Face à ce constat, l’organisation a appelé les autorités législatives et exécutives à adopter rapidement une loi claire et contraignante interdisant l’usage des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, à l’instar de plusieurs pays ayant déjà mis en place des dispositifs juridiques protecteurs pour les mineurs.

Insistant sur le fait que cette mesure ne devrait pas constituer une restriction des libertés, mais un acte de prévention visant à garantir le droit fondamental de l’enfant à un développement sain et à une santé mentale équilibrée, elle a recommandé d’accompagner cette initiative par des mécanismes de contrôle des plateformes numériques, des programmes de sensibilisation à destination des familles, ainsi que des alternatives numériques éducatives et sécurisées.

À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà engagé des réformes législatives visant à restreindre, voire interdire, l’accès des enfants aux réseaux sociaux, face aux risques avérés pour leur santé mentale et leur sécurité. L’Australie fait figure de précurseur en ayant adopté une loi interdisant l’accès aux plateformes sociales aux moins de 16 ans, avec des obligations strictes de vérification d’âge imposées aux entreprises numériques. 

En Europe, la France, l’Espagne, la Norvège et le Danemark ont engagé ou annoncé des projets de loi fixant un âge minimal compris entre 15 et 16 ans, parfois assorti d’un consentement parental renforcé. D’autres pays, comme l’Italie et l’Allemagne, imposent déjà des restrictions encadrées par l’autorisation des parents pour les mineurs. 

En Asie, la Malaisie a annoncé une interdiction similaire pour les moins de 16 ans, tandis que la Chine a opté pour un contrôle strict du temps d’utilisation et des contenus accessibles aux mineurs. 

Ces initiatives traduisent une prise de conscience mondiale : la régulation de l’accès des enfants aux réseaux sociaux est désormais considérée comme un enjeu majeur de protection de l’enfance et de prévention des dérives numériques.

N.J

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