L’affaire de maltraitance animale survenue à Monastir, et ayant suscité une vive émotion dans l’opinion publique, entre désormais dans une phase judiciaire décisive. Les personnes mises en cause comparaîtront devant la justice le 18 février 2026, dans le cadre d’une procédure en référé, selon les informations communiquées par Me Elyes Jilani, l’avocat chargé de la plainte déposée par l’Association Rahma de défense des animaux.
Contacté par notre rédaction jeudi 5 février 2025, le conseil juridique de l’association a confirmé que les suspects avaient été formellement identifiés par les autorités compétentes. L’enquête a permis d’établir les rôles respectifs des personnes impliquées dans les faits. L’instigateur présumé de l’acte se trouve d’ores et déjà incarcéré pour d’autres affaires, sans lien direct avec ce dossier, tandis que l’auteur matériel des faits est actuellement en fuite et fait l’objet de recherches actives.
À l’issue de leur audition, les suspects entendus ont été remis en liberté. Selon les précisions apportées par Me Jilani, l’individu ayant procédé à l’enregistrement vidéo des faits a livré aux enquêteurs l’identité de ses complices, contribuant ainsi à l’avancée de l’instruction.
Les personnes poursuivies devront comparaître dans un premier temps devant le juge des référés. Cette audience vise notamment à statuer sur les mesures urgentes et procédurales, avant la fixation ultérieure d’une audience de fond consacrée aux plaidoiries. L’ensemble des mis en cause est poursuivi sur la base de l’article 32 du Code pénal, disposition qui fonde la responsabilité pénale en cas de participation, d’incitation ou de complicité dans la commission d’une infraction.
L’avocat a également précisé que certains des suspects étaient mineurs notant, toutefois, que cela n’exclut nullement leur responsabilité pénale. Le droit tunisien prévoit en effet des mécanismes spécifiques permettant de poursuivre les mineurs, dans le respect des garanties procédurales et des régimes juridiques adaptés à leur âge, dès lors que leur implication dans les faits est établie.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les enjeux juridiques liés à la répression des actes de cruauté envers les animaux, ainsi que les limites et les leviers du cadre pénal existant. Pour l’Association Rahma, la saisine de la justice s’inscrit dans une démarche visant non seulement à obtenir des sanctions exemplaires, mais également à contribuer à une prise de conscience collective quant à la gravité de tels actes et à leurs implications sociales.
La décision de la justice est suivie avec attention par l’opinion publique dans un contexte où la question de la protection des animaux occupe une place croissante dans le débat public.
Les faits ont eu lieu dans le gouvernorat de Monastir. Trois individus ont commis des actes de violence extrême sur un chiot, en l’enfermant d’abord dans un sac puis en lui bloquant le museau avec un câble métallique avant de lui ôter la vie par égorgement. La scène a été filmée par un quatrième individu puis diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant un choc profond.
Une vaste mobilisation a eu lieu sur les réseaux sociaux, où s’est déployée une campagne d’indignation d’ampleur appelant à l’adoption de sanctions exemplaires, au nom de la gravité des faits et de la violence extrême exercée. De nombreux internautes ont ainsi exigé que cette affaire serve d’exemple dissuasif face à la recrudescence des violences envers les animaux.
N.J










