Le magistrat révoqué Hichem Khaled a été arrêté, jeudi 5 février 2026. L’information a été rendue publique par plusieurs personnalités, dont l’avocat Samir Ben Amor, sans qu’aucune communication officielle n’ait, à ce stade, précisé les motifs de cette arrestation.
Connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place, Hichem Khaled s’exprimait régulièrement sur les réseaux sociaux et lors d’interventions médiatiques, où il dénonçait ouvertement la situation politique et institutionnelle du pays.
Pour l’heure, aucune autorité judiciaire ou sécuritaire n’a confirmé les circonstances exactes de son interpellation, ni les charges éventuellement retenues contre lui.

Un magistrat révoqué par décret présidentiel
Hichem Khaled fait partie des 57 magistrats révoqués le mercredi 1er juin 2022 par décret présidentiel, sur décision du président de la République Kaïs Saïed. Cette mesure exceptionnelle avait été justifiée à l’époque par des accusations de corruption, d’entrave à la justice et de manquements professionnels, sans que des procédures disciplinaires individuelles n’aient été menées publiquement.
Cette vague de révocations avait suscité une vive polémique en Tunisie et à l’international, de nombreuses organisations professionnelles, juridiques et de défense des droits humains dénonçant une atteinte grave à l’indépendance de la magistrature et au principe de séparation des pouvoirs.
Une décision judiciaire restée lettre morte
Le 9 août 2022, le Tribunal administratif s’était prononcé en faveur des magistrats révoqués, en accordant un sursis à exécution de la décision présidentielle. Cette mesure impliquait, sur le plan juridique, la réintégration immédiate des magistrats concernés dans leurs fonctions, dans l’attente d’un jugement sur le fond.
Toutefois, ces décisions judiciaires n’ont jamais été exécutées par le pouvoir exécutif. Le ministère de la Justice a refusé de les appliquer, maintenant de facto l’exclusion des magistrats visés par le décret présidentiel.
Les intéressés se sont ainsi retrouvés dans une situation inédite et juridiquement paradoxale : réintégrés par la justice, mais empêchés d’exercer dans les faits, privés de leurs fonctions, de leurs bureaux et de leurs prérogatives professionnelles, sans cadre légal clair leur permettant de reprendre leur activité.
Une arrestation dans un contexte institutionnel tendu
L’arrestation de Hichem Khaled intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes autour de l’indépendance de la justice et du respect des décisions judiciaires en Tunisie. À ce stade, l’absence d’informations officielles sur les motifs de l’arrestation alimente l’inquiétude au sein des milieux juridiques et des défenseurs des libertés publiques, qui appellent à la transparence et au respect des garanties procédurales.
En attendant d’éventuelles clarifications des autorités compétentes, le cas de Hichem Khaled vient s’ajouter à un dossier déjà emblématique des rapports complexes entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire en Tunisie depuis l’été 2021.
I.N.













