Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu dans l’après-midi du mercredi 4 février 2026, au palais de Carthage, la ministre des Finances Mechket Slama Khaldi ainsi que le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières Wajdi Hedhili, d’après un communiqué publié à 5h46 du matin.
La rencontre a été consacrée au dossier des biens confisqués depuis 2011. À cette occasion, le chef de l’État a affirmé que la situation actuelle ne peut plus perdurer. Plus de quinze ans après la révolution, de nombreux biens immobiliers et mobiliers demeurent dans le même état, tandis que la valeur de plusieurs d’entre eux a fortement diminué, ou qu’ils ont été cédés à des prix largement inférieurs à leur valeur réelle, parfois à la suite de dégradations intentionnelles.
Kaïs Saïed a souligné que les choix opérés depuis 2011 n’étaient pas innocents, estimant qu’ils visaient à contourner la révolution et à priver le peuple tunisien de son droit à récupérer les fonds qui lui ont été spoliés. Il a rappelé la multiplication des structures et commissions mises en place, qui ont contribué, selon lui, à diluer les responsabilités et à faire perdre aux citoyens leurs droits légitimes : commission de confiscation, commission de gestion des biens confisqués ou récupérés, secrétariat permanent créé tardivement, ainsi qu’une direction chargée du crédit, de la liquidation et de la gestion judiciaire.
Le président a également critiqué la création de structures présentées comme des organes d’appui, telles que la Société immobilière de Gammarth ou la Société Al Karama Holding, dont l’appellation, a-t-il ironisé, ne reflète en rien la réalité. Il a dénoncé la cession de plusieurs entreprises à des prix dérisoires, ainsi que les sommes considérables dépensées — et toujours engagées — pour rémunérer les administrateurs et gestionnaires de ces entités.
Rappelant avoir appelé à plusieurs reprises à la clôture définitive de ce dossier, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de réexaminer de nombreuses opérations de cession, qu’elles concernent des biens immobiliers ou mobiliers. Il a toutefois déploré l’intervention de cartels ayant profité d’un cadre juridique trompeur, dont l’apparence légale dissimule, selon lui, des pratiques contraires à l’intérêt général.
Kaïs Saïed a enfin martelé qu’il est impératif de mettre un terme à cette situation, affirmant qu’aucun millime appartenant au peuple tunisien ne peut être abandonné, un droit qui ne saurait s’éteindre ni par le temps ni sous quelque prétexte que ce soit. Il a précisé que l’objectif demeure une reddition des comptes juste et équitable, et non un règlement de comptes. Ceux qui opteront pour une réconciliation sincère verront la porte du dialogue s’ouvrir, tandis que ceux qui feront un autre choix devront en assumer pleinement les conséquences, rappelant que la vérité est claire, tout comme l’erreur, et qu’il n’existe pas de position intermédiaire.
S.F











Commentaire
Hannibal
Il faut commencer par clore le dossier de la confiscation de la république et de ses valeurs depuis 2019.
Quant aux biens, ce sont des peanuts (ka3k may yitayir jou3). Ils ne vont pas rendre la Tunisie et les tunisiens plus riches.