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Arrestation d’Ahmed Saidani : Faouzi Daas dénonce une « criminalisation de l’expression »

Le député Faouzi Daas a réagi, dans la soirée de jeudi 5 février 2026, à l’arrestation de son collègue Ahmed Saidani, poursuivi actuellement sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications. 

Dans une publication sur Facebook, M. Daas a critiqué le motif de l’interpellation de son collègue — motivée par une simple prise de position exprimée dans une publication en ligne — constitue une dérive préoccupante. Même si le ton du message peut être jugé excessif ou contestable par certains, il ne saurait, selon l’élu, relever du champ pénal.

« Ahmed Saidani n’a ni détourné des fonds, ni conspiré avec des parties étrangères, ni induit l’opinion publique en erreur. Tout ce qu’il a fait, c’est exprimer une position. On peut certes être en désaccord avec la forme employée, mais cela ne saurait en aucun cas constituer un crime », a-t-il écrit. 

Dans les régimes démocratiques, a-t-il rappelé, la contestation peut prendre des formes variées sans pour autant entraîner de poursuites judiciaires. « Dans toutes les démocraties, le pouvoir est critiqué sous diverses formes, y compris à travers une critique acerbe ou satirique. Chez nous, en revanche, un député se retrouve derrière les barreaux pour une publication sur Facebook…!!! ».

Selon Faouzi Daas, cette affaire pose une question de fond : celle de la capacité de l’État à tolérer la critique et à distinguer clairement entre l’expression d’un désaccord et sa criminalisation. « Un État fort ne vacille pas à cause d’une publication, et n’est pas ébranlé par une opinion. Un État fort est celui qui supporte la critique, absorbe la colère et fait la distinction entre la divergence d’opinion et la criminalisation », a-t-il souligné. 

Le député Ahmed Saidani a été arrêté mercredi 4 février dans un café de la ville de Mateur. Il est poursuivi sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, lequel prévoit une peine d’emprisonnement allant d’un à deux ans, assortie d’une amende comprise entre cent et mille dinars, à l’encontre de toute personne qui, de manière délibérée, porte atteinte à autrui ou trouble la tranquillité d’autrui par l’usage des réseaux publics de télécommunications.

Les faits reprochés au parlementaire concerneraient des publications diffusées sur sa page Facebook, considérées par les autorités judiciaires comme attentatoires à la personne du président de la République. La procédure aurait été engagée à la suite d’une auto-saisine du ministère public.

N.J

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Commentaire

  1. byrsa

    6 février 2026 | 11h12

    « « Dans toutes les démocraties, le pouvoir est critiqué sous diverses formes,… », sauf qu’en Tunisie la démocratie reste toujours une utopie.