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Arrestation de Saidani : le PDL accuse le régime de criminaliser la parole

Par Sarra Hlaoui

Le Parti destourien libre (PDL) a réagi, dans un communiqué publié vendredi 6 février 2026, à l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre d’un député actuellement en fonction, poursuivi pour des faits d’atteinte à autrui via les réseaux de télécommunication. Il s’agit, selon les informations disponibles, du député Ahmed Saïdani.

Cette affaire a été déclenchée après l’interpellation du parlementaire le mercredi 4 février 2026. Le lendemain, jeudi 5 février, on apprenait que les poursuites reposaient sur l’article 86 du Code des télécommunications, qui prévoit une peine de un à deux ans de prison ainsi qu’une amende pour toute personne qui, sciemment, porte atteinte à autrui ou trouble sa quiétude via les réseaux publics de télécommunications. Le dossier est lié à des publications diffusées sur la page Facebook du député, considérées comme offensantes envers le président de la République, dans une procédure initiée à la suite d’une auto-saisine du ministère public.

Une défense “de principe”, malgré le rejet du Parlement de 2022

Tout en rappelant sa position constante de rejet du processus des élections législatives de 2022 et sa contestation de la légitimité du Parlement issu de ce scrutin, le PDL affirme fonder sa prise de position sur un principe général : la défense de la liberté d’expression, indépendamment de toute appartenance politique ou idéologique.

Le parti estime que le recours à des poursuites pénales et à la privation de liberté pour des déclarations ou publications critiques à l’égard du pouvoir constitue une réponse excessive et nuisible à l’image de la Tunisie.

Une institution déjà fragilisée et un climat de crainte dénoncé

Dans son communiqué, le PDL considère que cette affaire intervient dans un contexte où l’institution parlementaire est déjà fragilisée. Il évoque notamment une faible représentativité populaire, ainsi que l’absence de mécanismes effectifs de contrôle de la constitutionnalité des textes adoptés.

Le parti met en garde contre un climat de crainte susceptible d’aggraver la perte de crédibilité du pouvoir législatif et d’élargir davantage le fossé entre le Parlement et l’exécutif.

Le PDL appelle, par ailleurs, les décideurs à faire preuve de retenue, à écouter les voix critiques et à privilégier la révision des politiques publiques plutôt que le recours à la répression et à la restriction des libertés.

“Deux poids deux mesures” et mise en cause des députés

Le parti rejette également les justifications fondées sur l’application de la loi ou la préservation de l’autorité de l’État, estimant qu’elles masquent une politique de deux poids deux mesures. Selon le PDL, les poursuites seraient engagées de manière sélective, ciblant les opposants, tandis que des faits graves reprochés à des personnes proches du pouvoir feraient l’objet d’un traitement indulgent ou resteraient sans suite.

Enfin, le PDL impute aux membres de l’actuel Parlement la responsabilité de leur engagement dans un processus électoral qu’il juge contraire aux standards démocratiques. Il leur reproche également leur silence sur les questions relatives aux droits et libertés, l’absence d’aboutissement des institutions constitutionnelles, notamment le Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que leur manque de réaction face aux poursuites visant des responsables politiques, des journalistes et des acteurs de la société civile.

Le parti appelle les députés à réévaluer leur rôle et à engager une correction de trajectoire en faveur de l’État de droit et de l’égalité devant la loi.

S.H

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