Le projet de Loi de finances pour 2026 a acté une réforme qui ne manquera pas de susciter controverse et inquiétude : les aides personnelles au logement (APL) ne seront désormais accessibles, en France, qu’aux étudiants étrangers extra-communautaires bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux.
Jusqu’alors, cette allocation, de 100 à 250 euros par mois, constituait un soutien essentiel pour de nombreux jeunes venus des quatre coins du monde, leur permettant de subvenir au coût souvent exorbitant du logement étudiant en France. Avec cette restriction, l’État entend réaliser une économie estimée à plus de 200 millions d’euros, dont 108 millions résultant de l’absence de revalorisation des aides pour l’année 2026.
Une logique budgétaire assumée
Derrière l’argument budgétaire se dessine une logique subtile, mais contestable : rationaliser les dépenses publiques en concentrant les aides sur les étudiants les plus précaires. Selon le gouvernement, les anciennes règles d’attribution ne tenaient pas compte de la situation réelle des étudiants, favorisant parfois ceux dont les ressources personnelles ou familiales étaient déjà suffisantes.
Le recentrage proposé viserait ainsi à réserver ces allocations à ceux qui en ont véritablement besoin. Dans l’absolu, la mesure pourrait paraître justifiée, mais elle risque de restreindre l’accueil de la jeunesse étrangère dans un contexte où la France revendique son attractivité académique.
Un impact direct pour les étudiants tunisiens
Cette décision intervient alors que la jeunesse tunisienne continue de voir dans la France un horizon d’opportunités académiques et professionnelles. Les étudiants tunisiens figurent parmi les plus nombreux à choisir l’Hexagone pour poursuivre leurs études à l’échelle africaine. En 2024-2025, la Tunisie se classait au sixième rang des pays africains envoyant le plus d’étudiants en France, avec 15.949 inscrits, soit 4% de l’ensemble des étudiants étrangers.
Cette dynamique demeure en expansion. Selon le consul général de France en Tunisie, Dominique Mas, environ 16.000 étudiants tunisiens étaient présents en 2025 dans l’enseignement supérieur français, dont 4.500 inscrits dans des formations longues, en hausse de 9% par rapport à l’année précédente.
Pour ces étudiants, la suppression des APL constituerait bien plus qu’une simple mesure budgétaire : elle fragiliserait leur projet de mobilité, compliquerait l’accès à un logement digne et, au-delà, menacerait l’équilibre de leur parcours universitaire.
N.J











Commentaire
Gg
Mais bien sûr…
Allez sur en campus en France et visitez la cité universitaire.
Qui habite là ?
A 80-90% ce sont étrangers, certains avec femme et enfant (s).
Et tous ne vont pas aux cours, loin s’en faut! Car le visa d’étudiant est quasi automatique.
Alors oui, il y a tant d’abus que c’etait inévitable.