Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, a défendu le mécanisme du prélèvement direct des cotisations au profit de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le présentant comme un droit syndical fondamental et un acquis issu des luttes sociales, dans un contexte marqué par des débats autour de ce dispositif.
Le dirigeant syndical a souligné, dans un post publié jeudi 5 février 2026, sur les réseaux sociaux, que le prélèvement direct pour l’adhésion syndicale repose d’abord sur un principe de volontariat. Il insiste sur le fait qu’il s’agit d’un mécanisme optionnel, basé sur le choix individuel du travailleur, et non d’une procédure automatique ou obligatoire.
Un mécanisme présenté comme un acquis syndical
Sami Tahri considère ce dispositif comme un acquis historique lié au rôle national et social du syndicat. Il estime qu’il s’inscrit dans la continuité des luttes menées pour renforcer les droits syndicaux et les mécanismes de représentation des travailleurs.
Il fait également le lien avec les conventions internationales n°87 et n°151, qui prévoient des facilités accordées aux organisations syndicales pour mener leurs activités de défense des travailleurs. Dans ce cadre, l’arrêt du prélèvement direct serait, selon lui, contraire aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de normes du travail.
Une question liée aux libertés syndicales
Toujours selon le responsable syndical, la suppression de ce mécanisme pourrait être considérée comme une atteinte au droit syndical, notamment si elle cible un syndicat précis ou intervient dans un contexte de tension politique. Il estime qu’une telle décision pourrait affaiblir la capacité d’action des organisations syndicales.
Il souligne également que le prélèvement direct ne concerne pas uniquement les syndicats. Ce mécanisme est aussi utilisé pour les coopératives, les amicales, les remboursements de crédits ou encore certains paiements directs liés aux services publics. Dans cette logique, il le présente comme un outil administratif facilitant la gestion du salaire par l’agent ou le fonctionnaire.
Référence à des précédents politiques
Sami Tahri affirme que l’arrêt du prélèvement direct constituerait une mesure politique punitive contre le syndicat et les travailleurs. Il évoque un précédent similaire sous le gouvernement de Mohamed Mzali, dans un contexte de tensions entre le pouvoir et l’UGTT.
Il considère par ailleurs que cette question s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures qu’il qualifie de restrictives, citant notamment la suppression de certaines facilités syndicales, la suspension du dialogue social, la remise en cause d’accords antérieurs ou encore des poursuites judiciaires visant des syndicalistes.
Des alternatives évoquées par les syndicalistes
Le responsable syndical rappelle qu’auparavant, la suspension du prélèvement avait été contournée par des campagnes d’adhésion directe dans les institutions. Il estime que les outils techniques actuels pourraient offrir de nouvelles alternatives en cas de suppression du dispositif.
Il conclut en affirmant que la mobilisation pour le maintien ou la restauration du prélèvement direct relève, selon lui, de la défense du droit syndical dans toutes ses dimensions.

M.B.Z











6 commentaires
ZARZOUMIA
** JUSTEMENT CET ACQUIS HISTORIQUE ** devrait être définitivement supprimé , LIBRE CHOIX à chaque employé de touts secteurs de cotiser ou non ! PERSONNE N’EST OBLIGÉ D’ÊTRE SYNDIQUER .
jamel.tazarki
je cite : « Le dirigeant syndical a souligné, dans un post publié jeudi 5 février 2026, sur les réseaux sociaux, que le prélèvement direct pour l’adhésion syndicale repose d’abord sur un principe de volontariat. Il insiste sur le fait qu’il s’agit d’un mécanisme optionnel, basé sur le choix individuel du travailleur, et non d’une procédure automatique ou obligatoire. »
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@Mr. Sami Tahri, Oui, j’approuve. Il est en effet complètement absurde et injuste de priver les travailleurs de la possibilité de choisir librement s’ils souhaitent ou non payer des cotisations syndicales. La cotisation syndicale est un choix libre et individuel.
Je vous donne un exemple : une voisine fonctionnaire dont le supérieur l’envoyait quotidiennement chercher du café au café d’en face, et souvent aussi pour ses amis en visite qui la draguaient. Un jour, elle a eu le courage de refuser, et vous pouvez imaginer les conséquences de ce refus! Elle s’est alors adressée à l’UGTT, qui a pris sa défense et a obtenu sa mutation dans un autre service!
Je m’explique:
– les syndicats sont une protection essentielle pour les travailleurs contre les abus des employeurs, notamment concernant les heures supplémentaires non payées, le non-respect du code du travail, le harcèlement ou les licenciements abusifs
– Les syndicats défendent les intérêts matériels et moraux des salariés. Ils fournissent une assistance juridique, une représentation lors de litiges, et aident à faire respecter le droit du travail.
– Les syndicats veillent à l’application des conventions collectives et du code du travail. Ils peuvent aider à prouver les heures supplémentaires, forcer l’employeur à les rémunérer (majorations) et surveiller la bonne tenue des relevés d’heures.
– Ils négocient des conventions collectives qui garantissent de meilleurs salaires et conditions de travail, incluant des règles strictes sur la distribution des heures supplémentaires (souvent volontaires avant d’être obligatoires).
– Faire appel à un représentant syndical permet souvent de signaler des abus (heures non payées) sans crainte de représailles directes, le syndicat agissant comme intermédiaire.
– En cas de pratiques abusives touchant plusieurs salariés, les syndicats peuvent engager des actions de groupe pour faire cesser la violation du droit du travail.
Fazit: le système n’a pas le droit de nous priver de notre liberté de choix individuel. Où irions-nous sinon ?
Remarque : mon seul but en publiant ces commentaires est d’informer les Tunisiens et de leur permettre de voir les événements socio-économiques, judiciaires, politiques et culturels sous un autre angle.
Bonne journée
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien
PS : je tiens à insister sur le fait que toutes les augmentations salariales exigées par l’UGTT depuis 2011 sont légitimes. En effet, 50 milliards d’euros de dette ont été injectés par le haut sans jamais s’infiltrer vers le bas pour financer la création d’emplois et aider la classe ouvrière. L’argent de l’endettement a été exporté au nom des conquêtes socio-économiques de l’Afrique subsaharienne et de la Bourse internationale (pensez à GO Malta !).
Je cite: En juin 2016, l’opérateur tunisien de télécommunications Tunisie Telecom a acquis 60 % du capital de la société de télécommunications « Go Malta » auprès de l’EIT émiratie pour 200 millions d’euros. En juillet 2019, Tunisie Telecom détenait 65,42 % des actions de Go Malta.
Judili58
Le prélèvement obligatoire est contraire au principe de la libre adhésion . Le droit syndical devrait bénéficier à tous les syndicats en fonction de leur représentativité attestée par le nombre de leurs adhérents et leurs résultats aux élections des structures professionnelles ( commissions paritaires) . L’UGTT s’est toujours opposé au pluralisme syndical même quand il a été inscrit dans la constitution . Ce refus injustifié de la pluralité a affaibli l’action syndicale et c’est le plus grand crime de l’UGTT. Le reste n’a aucune valeur.
jamel.tazarki
@Judili58
vous écrivez: « Le prélèvement est obligatoire »
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non le prélèvement n’est pas obligatoire. Je cite Mr. Sami Tahri » Il insiste [Mr. Sami Tahri] sur le fait qu’il s’agit d’un mécanisme optionnel, basé sur le choix individuel du travailleur, et non d’une procédure automatique ou obligatoire. »
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Alors que l’Eat tunsien voudrait nous priver de notre liberté de choix individuel!
Bonne journée
Judili58
La retenue à la source sans vérification du désir d’adhésion du salarié est un prélèvement obligatoire. Par ailleurs seule l’UGTT bénéficie de cette cotisation syndicale alors qu’il y a d’autres syndicats qui sont en droit d’en bénéficier .
l'autre
Le prélèvement à la source des cotisations syndicales : un acquis contesté
Le prélèvement automatique des cotisations syndicales, tel que défendu par Sami Tahri, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), est présenté comme un droit syndical fondamental et un acquis historique issu des luttes sociales. Selon le dirigeant, ce mécanisme repose sur le volontariat des travailleurs, s’appuie sur les conventions internationales n°87 et n°151, et constitue un outil pratique de gestion des contributions syndicales.
Une pratique controversée
Si le principe de volontariat est souligné, la réalité administrative et sociale de ce dispositif peut poser question. Le prélèvement automatique transforme un acte volontaire en routine quasi-invisible : le salarié peut se retrouver à contribuer sans réflexion active à chaque période de paie. Pour certains, ce mécanisme entraîne une confusion entre liberté de choix et inertie administrative, et rend difficile le contrôle individuel sur l’adhésion et le montant versé.
De plus, le lien établi par le secrétaire adjoint avec des conventions internationales ne garantit pas que l’outil administratif choisi soit la seule façon de protéger les droits syndicaux. Le prélèvement à la source n’est pas intrinsèquement un droit fondamental, mais un instrument de commodité qui peut faciliter le financement syndical.
Alternatives concrètes pour soutenir le syndicat
Pour ceux qui souhaitent continuer à verser des cotisations à l’UGTT, il existe des solutions simples et respectueuses du choix individuel :
Donner un RIB au syndicat et ordonner à sa banque de mettre en place un prélèvement automatique volontaire.
Effectuer un virement régulier ou ponctuel directement depuis son compte bancaire.
Participer à des collectes ou campagnes d’adhésion directe au sein des institutions ou lieux de travail.
Ces alternatives permettent au salarié de garder le contrôle de sa contribution, tout en assurant un soutien financier régulier au syndicat.
Une réflexion nécessaire
Le prélèvement à la source, tel qu’il existe actuellement, peut donc être considéré comme une aberration administrative, en transformant la cotisation volontaire en acte quasi obligatoire par inertie. Plutôt que de s’appuyer sur ce mécanisme ancien, les organisations syndicales gagneraient à développer des modes de financement volontaires transparents, renforçant ainsi la légitimité de la contribution et le lien direct avec les adhérents.
En conclusion, le maintien du prélèvement automatique n’est pas un impératif pour garantir les droits syndicaux. Les salariés motivés pour soutenir le syndicat peuvent le faire de manière volontaire, transparente et contrôlée, en choisissant eux-mêmes la modalité de versement la plus adaptée. Ce faisant, le syndicat conserve ses ressources tout en respectant pleinement la liberté de ses adhérents.