Dans un contexte marqué par des inégalités économiques et sociales persistantes, la pauvreté multidimensionnelle s’affirme comme un indicateur plus pertinent que la seule pauvreté monétaire. Elle ne se limite pas au niveau de revenu, mais intègre également l’accès à l’éducation, aux soins de santé, au logement décent, à l’eau potable et aux infrastructures de base, offrant ainsi une évaluation plus complète des privations vécues par les populations.
La Tunisie se distingue, parmi les pays arabes, par des avancées notables dans ce domaine. Selon le rapport économique annuel 2025 du Fonds monétaire arabe, publié en février 2026, l’indice de pauvreté multidimensionnelle en Tunisie est passé de 0,005 en 2012 à 0,003 en 2023, soit une réduction de 40%.
Sur les 50 pays couverts, 13 pays présentent un taux de pauvreté multidimensionnelle supérieur à 30%, tandis que dans certaines nations, comme la Mauritanie, l’écart entre pauvreté monétaire et pauvreté multidimensionnelle dépasse 50%, soulignant l’importance d’adopter des indicateurs globaux pour mesurer le bien-être réel des populations.
Dans l’ensemble de la région arabe, 14,7% de la population vivait dans la pauvreté multidimensionnelle en 2024, contre 15,1% en 2023, illustrant un léger recul mais aussi la persistance de défis structurels.
Selon le même rapport, les conflits armés et les crises humanitaires amplifient les vulnérabilités. La bande de Gaza constitue un exemple dramatique : 83% de la population est touchée par le déplacement interne en raison de la destruction de plus de 60% des logements et infrastructures essentielles. Cette situation entraîne une dégradation sévère des conditions de vie et un accroissement du taux de pauvreté multidimensionnelle, malgré les efforts de reconstruction et les interventions humanitaires.

N.J










