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Capitalisme cognitif : la Tunisie forte en recherche, faible en financement

Par Nadya Jennene

Dans un contexte mondial où le savoir et l’innovation constituent des moteurs essentiels de la croissance économique, les économies arabes s’efforcent de renforcer les composantes du capitalisme cognitif. 

Selon le rapport économique annuel 2025 du Fonds monétaire arabe, publié en février 2026, les pays arabes couverts par le rapport ont enregistré en 2024 une moyenne de 46,7 points, légèrement inférieure à la moyenne mondiale de 47,8 points. La bonne nouvelle réside dans la réduction significative de l’écart entre les pays arabes et la moyenne mondiale, passé de 23 points en 2017 à seulement 1,1 point en 2024, témoignant d’un progrès substantiel dans le renforcement des capacités de connaissances et d’innovation.

Un rattrapage arabe notable, mais encore fragile

L’analyse des sous-indicateurs montre des performances contrastées selon les pays et les dimensions de l’économie de la connaissance. La Tunisie se distingue particulièrement dans le domaine de la recherche scientifique, avec 28,6 points au critère « nombre de chercheurs pour mille habitants », se plaçant ainsi en tête de la région devant les Émirats arabes unis (23,4 points) et la Palestine (14,5 points). Cet indicateur souligne la capacité tunisienne à mobiliser des ressources humaines qualifiées pour la production de savoir et d’innovation.

Cependant, certains indicateurs stratégiques nécessitent une attention particulière. La Tunisie, avec 13,3 points, reste derrière les Émirats (26,8 points) et l’Égypte (18,2 points) en matière de dépenses publiques en recherche et développement (R&D) en pourcentage du PIB. 

Tunisie : des chercheurs en tête, mais un déficit d’investissement en R&D

Cette variable est directement corrélée au potentiel d’innovation, mesuré par le nombre de brevets enregistrés auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Les statistiques récentes montrent que la plupart des pays arabes demeurent en retard à l’échelle mondiale, avec seulement quelques nations progressant dans le classement international. Entre 2014 et 2023, la production de brevets a connu une hausse notable en Arabie Saoudite (+3 941 brevets), en Algérie (+1 310), et aux Émirats (+713), tandis que certaines nations ont enregistré une stagnation ou un recul. 

Pour la Tunisie, ces chiffres traduisent à la fois des acquis et des marges de progression. Le pays dispose d’une base solide de chercheurs et d’une capacité de production scientifique reconnue, mais le défi demeure dans l’augmentation de l’investissement en R&D et dans la transformation du capital humain en innovations brevetées à fort impact économique. Le développement durable et compétitif de l’économie tunisienne dans le cadre régional dépendra donc de sa capacité à intégrer pleinement ces leviers de connaissance et d’innovation.

Le rapport du Fonds monétaire arabe souligne par ailleurs que le renforcement de l’économie de la connaissance nécessite une transformation structurelle des sociétés arabes : il ne suffit plus de « stocker la connaissance » mais de favoriser le partage et la diffusion du savoir. Dans cette perspective, les systèmes éducatifs doivent jouer un rôle central, en promouvant le développement de la pensée critique, des compétences analytiques et de l’innovation, tout en encourageant l’entrepreneuriat, la créativité et l’ambition individuelle.

N.J

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2 commentaires

  1. Tunisino

    7 février 2026 | 19h16

    Dans cette perspective, les systèmes éducatifs doivent jouer un rôle central, en promouvant le développement de la pensée critique, des compétences analytiques et de l’innovation, tout en encourageant l’entrepreneuriat, la créativité et l’ambition individuelle: Non, c’est insuffisant! Cela a été essayé en Tunisie sans succès, on sélectionne les excellents, on les offre les meilleures formations (en particuliers aux pays avancés), ensuite on les jette dans la poubelle pour utiliser les médiocres, car ils sont faibles, ils ne savent que dire oui, avec toutes les conséquences catastrophiques sur les tunisiens et la Tunisie! Les choses doivent commencer du commencement, un objectif stratégique ambitieux (rendre la Tunisie un pays avancé), un plan stratégique technique et démocratique pour réaliser l’objectif stratégique (sur quelques dizaines d’années), et l’exploitation des compétences extrêmes tunisiennes, capables et équilibrées. L’impossible n’est pas tunisien, les tunisiens sont capables sauf que leurs dirigeants sont désolants.

  2. Gg

    7 février 2026 | 19h10

    Etrange article…
    On y classe les pays par points, mais à quoi correspond un point?
    Je viens de passer trois heures à fouiller les références sur le net, de l’ONU, la BM et d’autres, la palestine n’y est même pas citée.
    Le Fonds monétaire arabe, votre référence apparemment, n’est que vaguement cité comme une émanation de la Ligue Arabe.
    Donc, pourriez vous approfondir votre article et en citer les sources, la signification des chifres etc…?
    Merci