La présidente du Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie (Cnom), la professeure Rym Ghachem, est intervenue sur les ondes de Diwan FM, samedi 7 février 2026, pour alerter sur une situation jugée préoccupante : la disparition du marché tunisien d’un médicament essentiel dans la prise en charge des enfants atteints de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette pénurie soulève des inquiétudes profondes quant à l’avenir médical, scolaire et social des enfants concernés.
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental reconnu, caractérisé par des difficultés persistantes d’attention, une hyperactivité et une impulsivité excessives, qui entravent significativement le fonctionnement quotidien de l’enfant, notamment dans le cadre scolaire. En Tunisie, les structures éducatives ne disposent pas de programmes pédagogiques spécifiquement adaptés à ces profils, ce qui rend la prise en charge thérapeutique d’autant plus déterminante.
Selon Pr Ghachem, l’introduction de traitements médicamenteux spécifiques contre le TDAH, il y a environ cinq ans, a marqué un tournant majeur dans la vie de nombreux enfants. Ces médicaments ont permis une amélioration notable des capacités de concentration, de régulation du comportement et d’intégration scolaire. Pour des enfants naturellement plus actifs et plus distraits que leurs pairs, ce traitement ne constitue pas un simple soutien ponctuel, mais un levier fondamental d’égalité des chances dans le parcours éducatif.
Elle a souligné, dans ce contexte, un point crucial d’ordre médical : le traitement du TDAH repose sur une administration régulière et durable. Il ne s’agit pas d’un médicament que l’on peut prescrire puis interrompre sans conséquences. L’alternance entre des phases de prise et des phases de privation du traitement peut induire des fluctuations comportementales importantes, générer une instabilité psychologique et compromettre les progrès acquis, tant sur le plan cognitif que relationnel.
La rupture d’approvisionnement actuelle fait ainsi peser un risque sérieux sur l’équilibre et l’avenir de ces enfants. Ceux qui en bénéficient déjà pourraient voir leur trajectoire scolaire et sociale brutalement fragilisée. Plus largement, cette situation pose la question de la continuité des soins et de la responsabilité collective dans la protection des populations pédiatriques vulnérables.
Pour la présidente du Cnom, garantir la disponibilité durable de ce traitement sur le marché tunisien ne relève pas seulement d’un impératif pharmaceutique, mais d’un choix stratégique de santé publique. Faute de quoi, a-t-elle averti, le pays court le risque de compromettre l’avenir de toute une génération d’enfants atteints de TDAH, en les privant d’un outil thérapeutique désormais reconnu comme essentiel à leur développement et à leur inclusion.
N.J












