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Douar Hicher : vive émotion après la mort d’un nourrisson de neuf mois, une enquête ouverte

Par Sarra Hlaoui

La mort d’un nourrisson de neuf mois à Douar Hicher, vendredi 6 février 2026 dans le gouvernorat de La Manouba, continue de susciter une vive émotion et relance le débat sur les défaillances du système de santé public, notamment en matière d’accès aux soins pour les familles les plus vulnérables.

Dans une déclaration, donnée ce dimanche 8 février 2026 à Diwan Fm, la mère de l’enfant, Naïma, a expliqué que l’état de santé de son fils s’était détérioré à la suite d’une forte infection respiratoire. Selon son témoignage, la famille aurait tenté de se rendre à l’hôpital pour enfants de Bab Saâdoun, sans parvenir à faire admettre le nourrisson en raison de l’absence du carnet de soins et de l’impossibilité de s’acquitter des frais demandés. Faute de prise en charge, l’enfant a été ramené à domicile, où son état s’est aggravé avant son décès le lendemain matin.

Dans une autre déclaration médiatique remontant à samedi 7 février, le lendemain du drame, la mère a également indiqué ne pas avoir pu transporter son fils vers l’hôpital en raison de conditions matérielles extrêmement précaires, affirmant ne pas disposer des moyens financiers nécessaires, y compris pour couvrir les frais de transport.

Des obstacles administratifs et sociaux dénoncés

Évoquant plus largement son expérience avec le système de santé public, Naïma a par ailleurs rappelé un précédent épisode concernant l’un de ses autres enfants, victime d’une fracture au bras. Selon son récit, l’enfant n’avait pas été admis à l’hôpital sans présentation du carnet de soins, l’obligeant à régler les frais médicaux par tranches. Elle affirme que cette situation l’avait contrainte à retirer elle-même le plâtre de son fils, faute de suivi médical.

Ces témoignages, livrés dans un contexte de choc et de détresse après la perte tragique de son enfant, mettent en lumière les obstacles multiples — administratifs, financiers et logistiques — auxquels certaines familles peuvent être confrontées pour accéder aux soins les plus élémentaires.

La mère du nourrisson s’est rendue au siège du gouvernorat en portant dans ses bras son enfant décédé, accompagnée de son mari et de ses autres enfants. Par ce geste, elle a voulu exprimer sa douleur et dénoncer la situation de détresse dans laquelle elle affirme s’être trouvée face aux obstacles d’accès aux soins.

En signe de protestation, la mère du nourrisson a refusé de procéder à l’inhumation de son fils sans la présence du gouverneur de la région, tenant les autorités locales et régionales pour responsables. Elle a indiqué avoir rencontré le gouverneur, qui lui aurait promis de régulariser sa situation administrative liée au carnet de soins dans les prochains jours.

Une enquête judiciaire en cours

Au-delà des circonstances précises du drame, cette affaire révèle une nouvelle fois les fragilités du système de santé public et l’impact parfois fatal de la précarité sociale et des lourdeurs administratives sur l’accès effectif au droit fondamental à la santé.

Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte afin d’élucider les circonstances et les causes du décès. Selon une source judiciaire citée par Diwan FM, le parquet près le tribunal de première instance de La Manouba a ordonné l’ouverture d’une information judiciaire pour faire la lumière sur les conditions entourant cette mort. La dépouille du nourrisson a été transférée aux services de médecine légale afin de déterminer avec précision les causes du décès.

Les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités et vérifier l’ensemble des éléments liés à cette affaire, dans l’attente des conclusions de l’enquête et du rapport médico-légal. Très médiatisé, le drame reste désormais entre les mains de la justice, appelée à clarifier les faits et d’éventuels manquements ayant entouré la mort de l’enfant.

S.H

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