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Tunisie : trois jours de grèves régionales dans l’enseignement secondaire à partir du 16 février

Par Imen Nouira

La Fédération générale de l’enseignement secondaire relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a annoncé, lundi 9 février 2026, le lancement de grèves régionales de trois jours dans l’enseignement secondaire. Les mouvements débuteront le 16 février dans les onze gouvernorats du Nord, se poursuivront le 17 février dans les gouvernorats du Centre et s’achèveront le 18 février dans ceux du Sud, chaque journée entraînant une interruption totale des cours dans les régions concernées. Cette décision a été communiquée au micro d’Ibtissem Chouikha dans l’émission Houna Tounes sur Diwan FM.

Mobilisation syndicale progressive et actions régionales

« Ces grèves régionales ne sont pas un choix par plaisir, mais une nécessité », a souligné Mohamed Safi, secrétaire général de la fédération. Il a précisé que ces actions s’inscrivent dans une démarche de mobilisation progressive, afin de défendre les droits des enseignants tout en préservant l’intérêt des élèves. « Nous avons tenté à plusieurs reprises de faire entendre notre voix par des méthodes plus modérées, telles que des arrêts de travail ponctuels ou des rassemblements régionaux et nationaux. Malheureusement, l’autorité semble opposée à toute reconnaissance des corps intermédiaires et au dialogue constructif », a-t-il ajouté.

Encadrement de la mobilisation et garanties pour les élèves

Le secrétaire général a insisté sur le fait que ces actions sont des formes de protestation encadrées, et qu’aucune grève générale à l’échelle nationale n’est prévue pour le moment. « Nous n’avons pas encore évoqué de grève généralisée dans toutes les institutions éducatives. Les mouvements régionaux constituent une première étape », a-t-il expliqué, soulignant que la fédération reste ouverte au dialogue mais conditionne toute négociation à l’application effective des accords signés avec le ministère de l’Éducation et les autres administrations concernées.

Sur le fond, Mohamed Safi a déploré le refus persistant du ministère de respecter les engagements conclus, ainsi que la dégradation continue de l’école publique. Il a également alerté sur la montée de la violence au sein des établissements scolaires, accusant le ministère de minimiser le phénomène et de ne proposer aucune solution efficace. Selon lui, il est impératif que familles, administration et autorités s’impliquent collectivement pour faire face à cette situation.

Le responsable syndical a tenu à rassurer les familles et les élèves : les examens, les corrections et les sessions de rattrapage se dérouleront normalement, et la fédération restera en session permanente pour suivre l’évolution de la situation et décider des prochaines étapes.

Contexte et choix de la mobilisation

La Fédération générale de l’enseignement secondaire avait initialement opté pour un boycott des examens, décision prise en novembre 2025 et suspendue après une réunion de l’instance administrative dans la nuit de dimanche à lundi 2 février 2026. Dans ce cadre, la fédération a choisi de geler cette mesure extrême tout en maintenant la mobilisation par le biais des grèves régionales prévues du 16 au 18 février 2026.

Mohamed Safi avait justifié ce revirement par la nécessité d’adopter une approche « rationnelle et réaliste », tenant compte à la fois des intérêts des enseignants et des élèves. Il avait précisé qu’aucune décision syndicale n’est figée et que les actions doivent rester adaptées aux circonstances.

Cette séquence s’inscrit dans un climat de tension prolongée entre les syndicats de l’éducation et le ministère de tutelle, marqué par des mouvements régionaux et nationaux, des sit-in, ainsi que des retenues sur salaire pour les enseignants mobilisés. La fédération affirme disposer de la cohésion et de la légitimité nécessaires pour défendre l’école publique et les droits des personnels éducatifs, tout en restant attachée au dialogue, conditionné toutefois par la volonté réelle de réforme des pouvoirs publics.

I.N.

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