Le procès en appel de l’avocat et ancien magistrat Ahmed Souab s’ouvre demain jeudi 12 février 2026, dans un climat marqué par de fortes attentes et une mobilisation soutenue de la profession.
Selon des informations concordantes, un report de l’audience est jugé très probable. Les avocats de la défense n’ont pas réussi à obtenir, dans les délais, une copie du jugement de première instance, un document indispensable pour préparer efficacement leur plaidoirie en appel.
Par ailleurs, plusieurs avocats étrangers sont attendus pour assister à l’audience en soutien à leur confrère. Des représentants de barreaux étrangers auraient fait le déplacement, dont au moins deux avocats venus de France. Leur présence s’inscrit dans le cadre d’un suivi international de l’affaire, qui suscite l’attention de plusieurs organisations professionnelles et instances de défense des droits.
L’ouverture de cette audience intervient dans un contexte de tensions persistantes entre une partie de la profession d’avocat et les autorités, l’affaire Souab étant perçue par ses soutiens comme emblématique des enjeux liés à l’indépendance de la défense et au respect des garanties du procès équitable.
Ahmed Souab doit comparaître le 12 février 2026 après plusieurs mois sans avancée notable dans son dossier judiciaire. La fixation de cette audience intervient après une longue période durant laquelle ses proches et son comité de défense ont dénoncé les lenteurs entourant l’examen du dossier.
Récemment, sa famille a également alerté sur la dégradation de son état de santé et a appelé à accélérer la procédure.
Une condamnation contestée
Le 31 octobre 2025, Ahmed Souab avait été condamné à cinq ans de prison ferme assortis de trois ans de surveillance administrative par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste.
Le verdict avait été rendu à l’issue d’une audience vivement critiquée par la défense et par plusieurs organisations de la société civile. Le comité de défense avait dénoncé des conditions de procès inéquitables, évoquant notamment le refus de l’accusé de comparaître par visioconférence, une audience jugée expéditive ainsi que l’impossibilité pour ses avocats de plaider.
Des poursuites liées à des déclarations dans l’affaire de complot
L’ancien magistrat est poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Les poursuites font suite à une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État.
Lors de cette déclaration, Ahmed Souab avait utilisé, de manière métaphorique, l’image d’un « couteau sous la gorge » pour décrire la pression exercée sur les juges. Cette formule a été interprétée par l’accusation comme une menace, une lecture que de nombreux avocats et magistrats indépendants jugent infondée et politiquement motivée.
S.H










