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Sécurité sanitaire des aliments : une vaste campagne de contrôle engagée avant le Ramadan

Par Nadya Jennene

À l’approche du mois de Ramadan, période de forte consommation et de sensibilité accrue aux questions d’hygiène alimentaire, l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) intensifie ses préparatifs. Invité de la matinale de la Radio nationale mercredi 11 février 2026, son président, Mohamed Rabhi, a détaillé un dispositif de contrôle renforcé, fondé sur l’anticipation, la coordination interinstitutionnelle et l’application rigoureuse du nouveau cadre légal.

« Assurer la sécurité à la source, c’est déjà réduire considérablement les risques au stade de la consommation », a-t-il insisté notant que le dispositif couvre l’ensemble du territoire national. Des brigades centrales mobiles viennent appuyer les équipes régionales, présentes dans chaque gouvernorat. Le programme de contrôle est, par ailleurs, adapté aux spécificités locales : certaines régions se distinguent par une forte activité de restauration collective, d’autres par la présence d’unités hôtelières ou par la production de denrées typiquement consommées durant le Ramadan, telles que les pâtisseries traditionnelles, les produits laitiers, les épices… 

Selon Mohamed Rabhi, l’Instance cible prioritairement les produits à large consommation, dont la non-conformité pourrait provoquer des intoxications alimentaires collectives ou des effets sanitaires à moyen et long terme.

Depuis le lancement de la campagne, les équipes de contrôle ont saisi et détruit plus de 45 tonnes de denrées alimentaires impropres à la consommation.

Parmi elles, près de 20 tonnes de produits salés et conserves, ainsi que plus de 21 tonnes d’épices, de harissa, de condiments et d’ingrédients couramment utilisés sur les tables tunisiennes durant le Ramadan. Plus de 11.000 unités d’arômes alimentaires ont également été retirées du circuit.

Les infractions constatées sont multiples : stockage dans des conditions insalubres, absence totale d’étiquetage, produits périmés, présence visible de moisissures, d’insectes ou de vers, odeurs nauséabondes révélant un état de dégradation avancé.

À titre d’exemple, deux tonnes de pommes de terre destinées à la friture ont été saisies dans un entrepôt anarchique ne répondant à aucune norme sanitaire.

Mohamed Rabhi a rappelé, par ailleurs, que la Tunisie avait opéré une réforme majeure de son dispositif juridique en matière de sécurité sanitaire des aliments. Alors que les anciens textes se concentraient principalement sur le contrôle du produit final, la nouvelle législation repose sur le principe de l’analyse et de la gestion des risques tout au long de la chaîne alimentaire — de la production primaire jusqu’au consommateur.

Ce modèle implique la traçabilité complète des denrées. Chaque produit doit disposer d’une « identité » claire : origine, conditions de fabrication, matières premières utilisées, dates de production et de péremption. Sans ces informations, aucune évaluation pertinente du risque ne peut être conduite.

Le texte consacre également le principe de l’autocontrôle obligatoire. Tout professionnel mettant un produit alimentaire sur le marché est désormais légalement tenu d’en vérifier la conformité. En cas de manquement, sa responsabilité est directement engagée.

Selon la gravité des faits, les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires, à des amendes substantielles et, dans certains cas, à des peines privatives de liberté. Les inspecteurs de l’Instance disposent à la fois de prérogatives judiciaires — rédaction de procès-verbaux et transmission aux autorités compétentes — et administratives, leur permettant notamment de prononcer des fermetures temporaires.

Le responsable a insisté sur le caractère collectif de la responsabilité. La sécurité sanitaire des aliments ne relève pas exclusivement de l’Instance, mais d’abord des professionnels eux-mêmes. Se fournir auprès de circuits informels ou de fournisseurs non déclarés constitue une prise de risque et engage la responsabilité du commerçant.

Quant au consommateur, il est invité à faire preuve de vigilance : vérifier l’étiquetage, les dates de péremption, l’origine des produits, et éviter les achats auprès de vendeurs ambulants ou dans les marchés parallèles, particulièrement pour les produits sensibles.

En cas de suspicion ou d’infraction constatée, les citoyens peuvent signaler les faits via le numéro vert de l’Instance : 80 106 977.

N.J

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