La Tunisie a perdu, samedi 14 février 2026, l’une des personnalités les plus marquantes de son paysage financier. Ferid Ben Tanfous s’est éteint après une carrière qui aura profondément marqué l’évolution du système bancaire national, de la Banque centrale aux grandes institutions commerciales.
Titulaire d’un DEA en droit, le natif de Djerba se destinait initialement à une trajectoire juridique. Son orientation vers la finance s’opère toutefois dès ses débuts professionnels, lorsqu’il rejoint la Banque centrale de Tunisie. Repéré très tôt pour ses compétences, il y gravit progressivement les échelons pendant près de deux décennies.
Chargé notamment du contrôle des changes et du commerce extérieur, il s’impose rapidement comme un technicien respecté, participant à l’assouplissement de mécanismes réglementaires alors que l’économie tunisienne entamait sa phase de structuration et d’ouverture. Sa capacité d’analyse et son approche non conventionnelle des politiques financières lui valent d’être considéré comme l’un des cadres ayant contribué à poser les bases de la modernisation monétaire.
Après sa carrière au sein de l’institut d’émission, il est appelé à diriger plusieurs établissements majeurs. Il prend d’abord la tête de l’Union Tunisienne de Banque, unique banque tunisienne implantée à l’étranger à l’époque, qu’il parvient à stabiliser malgré des déséquilibres importants.
Il occupe ensuite successivement les postes de PDG de la Banque de Développement Économique de Tunisie puis de la Banque Nationale Agricole, avant de rejoindre l’Arab Tunisian Bank. À chaque étape, il acquiert la réputation d’un dirigeant capable de restructurer, rationaliser et repositionner les institutions qu’il dirige.
Ses contemporains soulignent un profil mêlant maîtrise technique, sens stratégique et aptitude au management. Connu pour sa franchise intellectuelle, il défendait une vision proactive de la régulation, refusant les approches excessivement prudentes susceptibles, selon lui, de freiner l’innovation financière et la dynamique d’investissement.
Décrit par ses pairs comme affable et réservé, Ferid Ben Tanfous cultivait une influence davantage fondée sur la compétence que sur la visibilité médiatique. Ceux qui ont travaillé à ses côtés saluent un dirigeant attaché à l’éthique professionnelle, convaincu que la performance bancaire devait s’appuyer sur un équilibre entre rentabilité, gestion du risque et qualité de la relation client.
Il avait récemment pris du recul après avoir longtemps dirigé l’ATB, établissement auquel il était fortement associé et dont il avait accompagné la transformation stratégique.
À l’annonce de sa disparition, de nombreux professionnels du secteur bancaire ont tenu à rappeler la rigueur, la vision et la probité qui ont jalonné son parcours. Beaucoup évoquent un bâtisseur ayant consacré l’essentiel de sa vie professionnelle au développement et à la consolidation du système financier tunisien.
Nizar Bahloul et l’équipe de Business News adressent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses proches.
Que son âme repose en paix.










