Le Front de salut national a publié, samedi 14 février 2026, un communiqué dans lequel il critique une intensification des poursuites judiciaires liées à l’expression d’opinions, affirmant que des procès visent désormais aussi bien des opposants que des personnalités considérées comme proches du pouvoir.
Dans son texte, l’organisation estime que les autorités recourent à la justice pour restreindre la liberté d’expression et pour réduire au silence les voix critiques, dénonçant ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation du droit et de la fonction judiciaire. Elle affirme que trois affaires actuellement examinées par les juridictions de Tunis illustreraient, selon elle, des violations des immunités garanties par la Constitution et la loi.
Affaires judiciaires citées
Le Front évoque notamment le dossier de l’avocat Ahmed Souab, dont l’audience s’est tenue le 12 février 2026. Il soutient que son immunité professionnelle n’aurait pas été respectée dans le cadre de l’exercice de sa mission de défense et critique l’application de la législation antiterroriste dans cette affaire, tout en soulignant que sa demande de libération aurait été rejetée malgré les éléments présentés par sa défense concernant son état de santé.
Le communiqué cite également le cas du député Ahmed Saïdani, arrêté et jugé sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications. Le Front estime que cette disposition ne serait pas adaptée à des publications en ligne et affirme que son immunité parlementaire aurait été ignorée, la juridiction ayant refusé sa remise en liberté lors d’une audience tenue le 13 février 2026.
Autre dossier mentionné : celui de l’ancien député Abdellatif Aloui, incarcéré pour exécuter le reliquat d’une peine prononcée par un tribunal militaire il y a plusieurs années, liée à sa participation à une émission télévisée durant laquelle un poème avait été récité.
Enfin, l’organisation indique que le magistrat Hichem Ben Khaled doit comparaître lundi devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis dans trois affaires liées à des publications critiques envers les autorités, estimant que la procédure ne respecterait ni le cadre légal applicable ni les garanties d’immunité.
Appel à la mobilisation
Le Front de salut national affirme soutenir les initiatives de défense des droits et libertés et appelle à la libération de ce qu’il qualifie de détenus politiques. Il assure vouloir poursuivre une action civile pacifique pour mettre fin aux injustices, évoquant le cas de personnes incarcérées depuis plusieurs années sans accusation ni condamnation définitive.
M.B.Z










