La situation météorologique durant le mois de janvier 2026 a été marquée par des précipitations abondantes et exceptionnelles sur le nord et le centre du pays, notamment entre le 19 et le 21 janvier, provoquant des inondations localisées, alors que le sud a enregistré des pluies faibles à modérées, inférieures aux normales saisonnières.
Selon le bulletin climatique préliminaire publié par l’Institut national de la météorologie (INM), le cumul total des précipitations relevé sur 26 stations principales a atteint 2302,7 mm, contre une moyenne normale de 1118,1 mm, soit 206 % de la moyenne climatique de référence (1991-2020).
Un mois classé parmi les plus pluvieux depuis 1950
Au regard de ces données, janvier 2026 peut être classé comme un mois à fort excédent pluviométrique à l’échelle nationale, avec une concentration marquée des surplus dans les régions nord et centre. Sur la période 1950-2026, il se positionne ainsi au sixième rang des mois de janvier les plus pluvieux.
Dans le détail :
- le nord a enregistré 232 % de sa moyenne (plus de 1011 mm) ;
- le centre a atteint 223 % (plus de 244,8 mm) ;
- le sud n’a pas dépassé 54 % (moins de 71,2 mm).
Des sols saturés et des réseaux sous pression
Les quantités exceptionnelles relevées dans le nord et le centre ont entraîné une saturation rapide des sols, une augmentation notable du ruissellement de surface et une forte pression sur les réseaux d’évacuation des eaux pluviales. Ces facteurs expliquent les épisodes d’inondations ponctuelles observés, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines.
Un niveau élevé sans atteindre les records historiques
Bien que le cumul national reste inférieur au record historique de 1990 (3901,2 mm), il demeure particulièrement élevé et proche de plusieurs années de référence très arrosées, notamment 1999 (2699,5 mm), 2009 (2696,6 mm), 2003 (2650 mm) et 2006 (2566,5 mm).
Ces chiffres confirment le caractère exceptionnel de l’épisode pluviométrique enregistré en janvier 2026 et soulignent son importance du point de vue hydrologique à l’échelle nationale, tant pour les ressources en eau que pour la gestion des risques liés aux fortes précipitations.
M.B.Z











Commentaire
jamel.tazarki
Introduction: Certes, on pourrait faire la fête en apprenant que «le cumul total des précipitations relevé sur 26 stations principales a atteint 2 302,7 mm» !
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Mais que ferions-nous si ces pluies abondantes du mois de janvier se répétaient plusieurs fois de suite, à quelques semaines d’intervalle ? Tout est en effet possible, vu le changement climatique. La Tunisie est-elle préparée à un tel scénario? La réponse devrait être évidente ! En réalité, nous ne faisons pas grand-chose pour préparer notre pays aux prochaines catastrophes naturelles. Nous les subissons tout simplement. Il existe pourtant des solutions simples pour résoudre le problème des inondations ravageuses.
A) Ce n’est pas l’argent (en devises étrangères) qui nous manque pour sortir la Tunisie de l’impasse socio-économique, mais plutôt l’initiative simple et intelligente:
– Il faudrait étudier, même par simple observation, les lieux d’accumulation et les axes d’écoulement des pluies torrentielles afin de construire un fleuve artificiel d’une assez grande largeur et profondeur qui serpenterait à travers nos villes et nos villages. Ce fleuve à grande dimension serait le lieu de déversement de centaines de milliers de petits ruisseaux artificiels d’eau pluviale. Il est très important de créer des lieux d’accumulation d’eau pluviale le long du ruisseau principal.
– Les ruisseaux artificiels devraient être multifonctionnels, car ils sont souvent à sec, mais vitaux en cas de pluies torrentielles.
– C’est grâce à un système de ruisseaux que la ville de Munich ne connaît pas de débordements lors des pluies torrentielles, 100 fois plus intenses que celles qui se sont abattues sur la Tunisie ces derniers jours !
– À Munich, il y a une rivière de très grande taille : l’Isar. Elle est très profonde, large de plusieurs dizaines de mètres et longue de plusieurs centaines de kilomètres. Tout le monde parle du fleuve Isar, mais il ne s’agit en réalité que d’une immense rivière dont la profondeur de l’eau ne dépasse pas une dizaine de centimètres à certaines périodes de l’année.
– L’Isar serpente à travers plusieurs villes bavaroises et est alimenté par des centaines de petits ruisseaux de pluie. Le lac de Starnberg se déverse même dans l’Isar par le biais de la Wurm, une rivière (ou plutôt un très grand ruisseau artificiel). C’est grâce à l’Isar que la ville de Munich ne connaît pas de débordements comme ceux de la Tunisie en période de pluies torrentielles.
L’Isar est multifonctionnel : en été, il est partiellement une pelouse où l’on peut pique-niquer et prendre des bains de soleil, et durant la période des pluies torrentielles, il sert de lieu d’accumulation et de canalisation des eaux de pluie.
– J’avoue avoir une grande fascination pour la façon dont l’Allemagne maîtrise les eaux pluviales grâce à un système de grands et de petits ruisseaux. J’ai également une grande fascination pour le système d’irrigation des oasis de Tozeur par de petits ruisseaux, qui utilise l’énergie potentielle de différences d’altitude négligeables. Voilà le génie du Tunisien quand il le veut, et cela sans satellites ni équipements sophistiqués (ni moteurs, ni pompes).
– Il faut étudier de manière intelligente les lieux d’accumulation et les axes d’écoulement des pluies torrentielles en Tunisie afin de créer un système de ruisseaux artificiels débouchant dans un fleuve artificiel de grande taille. Cela nous éviterait le pire à l’avenir et nous garantirait des réserves d’eau dans des lieux d’accumulation artificiels. L’intelligence qui a cartographié et créé le système d’irrigation des oasis de Tozeur serait en effet également capable de mettre en place un tel système afin de protéger notre pays de certaines catastrophes naturelles et de canaliser ainsi les eaux de pluie vers des lieux d’accumulation artificielle.
B) Ce que l’on devrait faire en Tunisie est évident :
– maîtriser les écoulements des pluies torrentielles en contrôlant, même partiellement, leur trajectoire (les chemins de l’eau) ; Oui, cela est possible, car nous connaissons bien les axes d’écoulement et les lieux d’accumulation de l’eau grâce à l’historique des inondations des dernières décennies.
– La maîtrise des pluies torrentielles pourrait se faire par simple observation visuelle, à l’aide d’un système de grands et de petits ruisseaux artificiels.
C) Voici quelques exemples de pays qui ont su maîtriser les pluies torrentielles :
c1) Le Japon : c’est dans ce pays que l’on trouve le plus d’inondations et de débordements. Il suffit de penser aux puissants typhons meurtriers, souvent accompagnés de pluies diluviennes. Les Japonais ont compris qu’ils ne pouvaient pas imposer leur volonté à la nature. Ils ont notamment compris qu’il faut laisser libres les surfaces soumises aux débordements et aux inondations, souvent des plaines relativement basses. Ils ont également compris qu’ils étaient responsables de leur destin. Il est en effet absurde de construire un village, une ville ou une agglomération dans une plaine relativement basse où l’eau s’accumule après des inondations souvent régulières.
c2) Prenons l’exemple de la Chine : ce pays a évacué presque complètement plusieurs villes et villages situés dans des zones d’accumulation et sur des axes d’écoulement d’eau pluviale afin de construire le barrage des Trois-Gorges. En Tunisie, nous n’avons pas d’autre choix : il faut démolir certaines constructions et habitations situées sur les lieux d’écoulement des pluies torrentielles afin de construire des ruisseaux artificiels et d’évacuer les zones d’accumulation massive d’eau pluviale.
c3) Je prends l’exemple de la Bavière, qui utilise les éléments suivants :
1) La meilleure façon de lutter contre les pluies torrentielles est de laisser les axes d’écoulement et les zones d’accumulation libres de tout obstacle.
2) La réduction des risques commence par la non-exposition des enjeux socio-économiques aux pluies torrentielles grâce à l’identification des axes d’écoulement et d’accumulation historiques.
Fazit: Nos pluies torrentielles ne sont pas aussi intenses qu’on le pense. Le principal problème vient plutôt du manque de solutions simples et efficaces pour les maîtriser. Apprenons d’abord comment les Allemands gèrent leurs pluies torrentielles avec un système de grands et petits ruisseaux, avant de vouloir fabriquer des voitures comme Mercedes !
Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien