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Attayar dénonce une crise multidimensionnelle et alerte sur les dérives politiques en Tunisie

Le Conseil national du parti Attayar a tenu, le 15 février 2026, une session ordinaire consacrée à l’examen des derniers développements nationaux et internes au parti. Dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion, la formation politique a dressé un tableau sombre de la situation actuelle, marquée selon elle par l’aggravation des crises politique, économique et sociale.

Le Conseil national a condamné la poursuite de la détention de responsables politiques dans ce qui est qualifié de « affaire de complot contre la sûreté de l’État », pour la troisième année consécutive. Il dénonce également la multiplication d’affaires jugées fabriquées et de procès inéquitables ayant conduit à des dizaines de prisonniers d’opinion. Le parti réclame leur libération immédiate, la cessation des poursuites et la fin d’une politique d’intimidation exercée, selon lui, à travers les institutions judiciaires, sécuritaires et pénitentiaires contre les voix opposées au pouvoir.

Le parti a par ailleurs dénoncé la fermeture croissante de l’espace politique dans le pays, évoquant la marginalisation des corps intermédiaires — partis, organisations et syndicats — et la restriction de leur rôle. Il accuse également le pouvoir en place de vider les institutions de leur substance politique et de réduire l’action politique à des slogans et à un discours fondé sur la fabrication de complots, dans le but d’éluder sa responsabilité dans la situation actuelle du pays.

Sur le plan économique et social, le Conseil national met en garde contre la poursuite de la dégradation liée à l’absence de réformes et de visions claires, ainsi qu’à la détérioration du climat d’investissement, notamment dans les secteurs agricole et industriel. Il critique aussi l’improvisation législative, qu’il juge contre-productive, et l’orientation excessive des ressources publiques vers le modèle des « sociétés communautaires », estimant que l’expérience a démontré son échec. Le parti estime que ces choix se font au détriment des petites et moyennes entreprises, qu’il considère comme le pilier de l’économie nationale, aggravant ainsi la crise et entraînant une mauvaise allocation des fonds publics.

Le Conseil national a réaffirmé son soutien à toutes les mobilisations pacifiques défendant les droits et libertés ainsi que les revendications économiques et sociales légitimes. Il appelle les forces vives du pays à élargir leur soutien afin de préserver les acquis démocratiques pour lesquels le peuple tunisien s’est battu.

Le parti a également renouvelé sa mise en garde contre toute tentative de prolongation du pouvoir vers un troisième mandat présidentiel jugé illégitime, au moyen du discours de « délégation populaire » adopté par le pouvoir en place. Il a par ailleurs alerté sur les risques liés à l’absence d’une Cour constitutionnelle, soulignant son rôle dans la garantie de la continuité institutionnelle en cas de vacance à la présidence de la République, tout en exprimant sa défiance quant à tout rôle juridique ou constitutionnel qu’elle pourrait jouer dans le cadre de l’actuelle architecture institutionnelle.

Concernant les relations extérieures, le parti a dénoncé ce qu’il qualifie de double standard de l’Union européenne, accusée d’inscrire la Tunisie sur la liste des pays sûrs dans une démarche visant à transférer vers le territoire tunisien des demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière. Il accuse également l’Union européenne d’utiliser le dossier des restrictions aux libertés politiques et civiles pour exercer des pressions sur les autorités tunisiennes afin de les aligner sur ses politiques migratoires et ses intérêts, notamment dans le domaine des énergies renouvelables.

Enfin, le Conseil national du Courant démocratique a annoncé l’avancement des préparatifs de son quatrième congrès national, prévu les 3, 4 et 5 avril 2026.

S.F

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Commentaire

  1. zaghouan2040

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    16 février 2026 | 8h56

    Malheureusement il est nécessaire que cette crise radicale aille jusqu’au bout pour que les choses bougent

    Les dégâts seront immenses, mais compte tenu du blocage total du pays par le pouvoir et le caractère a la fois intransigeant et ubuesque de celui-ci, il n’y a comme perspective productive de changement que le naufrage

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