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Crise du lait, viandes rouges, produits agricoles : l’Utap fait le point

Par Nadya Jennene

Invité de la matinale de Jawhara FM lundi 16 février 2026, le conseiller économique de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche, Fathi Ben Khelifa, a livré une analyse détaillée de la situation agricole nationale, abordant tour à tour la crise de la filière laitière, la question des viandes rouges et blanches, les politiques d’importation, la disponibilité des produits à l’approche du Ramadan ainsi que les enjeux liés aux ressources hydriques.

Revenant sur les difficultés structurelles du secteur bovin, l’intervenant a rappelé que la diminution du cheptel observée depuis 2016 trouve son origine dans un déséquilibre persistant entre coûts de production et prix de vente.

Selon ses explications, le coût moyen de production du litre de lait avoisinerait actuellement 1,7 dinar, tandis que le prix payé au producteur resterait inférieur à ce seuil. « L’augmentation récente de quelques centaines de millimes ne constitue pas un bénéfice, mais une tentative de couverture partielle des charges », a-t-il précisé. Autrement dit, le producteur ne dégage pas de marge réelle, ce qui décourage l’investissement et fragilise la pérennité des exploitations.

Il a également souligné la baisse significative de la productivité des vaches laitières en Tunisie. Alors que certaines races importées peuvent produire jusqu’à 12.000 litres par an dans leurs pays d’origine, la moyenne nationale serait tombée autour de 3500 litres. Cette chute de rendement est attribuée à des problématiques d’adaptation, d’alimentation et d’encadrement technique.

Face à cette situation, l’Utap plaide pour un programme ambitieux de reconstruction du cheptel et d’amélioration génétique, combiné à des lignes de financement adaptées pour soutenir les éleveurs. L’objectif affiché est double : accroître la productivité et renforcer la valeur ajoutée nationale.

Interrogé sur le recours aux importations, notamment dans le domaine des viandes rouges, le conseiller économique a adopté une position nuancée. Il n’a pas rejeté le principe de l’importation en cas de pénurie avérée, mais a insisté sur la nécessité d’éviter qu’elle ne devienne une solution structurelle au détriment de la production locale.

« Lorsque le producteur est contraint de vendre en dessous de son coût, il cesse de produire », a-t-il rappelé, estimant que toute politique de plafonnement artificiel des prix, si elle n’est pas accompagnée de mécanismes compensatoires, risque d’entraîner à moyen terme une contraction de l’offre.

À l’inverse, la filière avicole est citée comme exemple d’organisation réussie. Selon lui, la production de viandes blanches en Tunisie repose sur une programmation rigoureuse et une coordination étroite entre professionnels et autorités publiques, ce qui permet d’assurer un approvisionnement régulier du marché. 

Interpellé sur d’éventuelles pénuries de produits agricoles à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une hausse de la demande, le représentant de l’Utap s’est montré rassurant. Il a affirmé qu’aucune pénurie structurelle n’était à prévoir et que les produits agricoles de base seraient disponibles.

Il a appelé toutefois à une rationalisation des comportements de consommation, invitant citoyens et commerçants à faire preuve de responsabilité afin d’éviter les flambées spéculatives.

N.J

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