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Mahdia — Harcelé, un élève se suicide : un drame de plus, face à l’inaction persistante

Par Nadya Jennene

La mort tragique d’un élève de 15 ans, originaire de la région de Hebira dans le gouvernorat de Mahdia, a bouleversé l’opinion et ravivé un débat douloureux : celui du harcèlement scolaire et de ses conséquences dévastatrices.

Moqueries, humiliations : le harcèlement au cœur du drame

Admis durant trois jours en réanimation après s’être gravement immolé à l’aide d’une substance inflammable, l’élève de première année secondaire a succombé à ses blessures, mardi 17 février 2026. Une minute de silence a été observée dans son lycée en hommage à sa mémoire.

Selon les informations dont nous disposons, l’adolescent faisait l’objet de moqueries répétées. Des camarades l’auraient visé par des propos blessants et des railleries sur sa situation financière le traitant de « misérable » et de « moche ».

Au-delà de l’émotion, ce drame met en lumière une réalité préoccupante : le harcèlement scolaire n’est ni un simple conflit entre adolescents ni un rite de passage anodin. Il s’agit d’une violence psychologique — parfois physique — dont les effets peuvent être profonds et durables. 

Chez les victimes, les conséquences vont de l’isolement social à l’effondrement de l’estime de soi, en passant par l’anxiété, la dépression et le décrochage scolaire. Dans les situations les plus graves, lorsque la souffrance s’installe dans la durée et que l’élève se sent abandonné ou incompris, cette détresse peut conduire à des passages à l’acte suicidaire.

Les élèves présentant des vulnérabilités particulières sont encore plus exposés, notamment lorsqu’ils manquent d’un accompagnement adapté et d’un environnement scolaire sécurisant.

Une violence qui détruit : l’urgence d’un encadrement et d’une prévention

Le cas de cette victime interroge d’ailleurs le manque d’encadrement éducatif et parental. L’école ne peut se limiter à transmettre des savoirs ; elle doit être un espace sécurisé, où chaque élève, quelles que soient ses différences, est protégé et respecté. Cela suppose une vigilance accrue des équipes pédagogiques, une formation spécifique pour détecter les signes de harcèlement et des mécanismes clairs de signalement et de prise en charge.

Mais la responsabilité ne s’arrête pas aux portes de l’établissement. Le rôle des familles est central dans la prévention. L’éducation au respect, à l’empathie et à la tolérance commence au sein du foyer. Lorsque les comportements violents ou humiliants sont banalisés, minimisés ou ignorés, ils se prolongent dans la cour de récréation et dans les couloirs des lycées.

Ce drame révèle aussi un déficit de coordination entre parents, enseignants et autorités éducatives. Trop souvent, les alertes sont perçues comme des exagérations ou des querelles passagères. Or, le harcèlement est un processus progressif qui, s’il n’est pas stoppé à temps, peut conduire à des conséquences irréversibles.

N.J

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