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Retraite anticipée des femmes : l’ATFD réclame le retrait et dénonce une discrimination structurelle

Par Nadya Jennene

Alors que le Parlement examine un projet de loi visant à réviser en profondeur le régime de la retraite anticipée applicable aux femmes salariées du secteur privé, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a exprimé sa vive inquiétude face à ce nouveau mécanisme. 

Dans un communiqué publié lundi 16 février 2026, l’ATFD, a avancé que ce projet — présenté comme égalitaire — constituait en réalité une discrimination structurelle envers les femmes, qui se voient contraintes de mettre un terme prématuré à leur parcours professionnel. 

Elle a, dans ce sens, appelé au retrait immédiat de ce projet de loi et à l’ouverture d’un dialogue national sérieux, associant partenaires sociaux, société civile et institutions publiques, afin de réformer le système de retraite sur des bases justes, inclusives et non discriminatoires. 

Selon l’organisation, le projet viole plusieurs principes fondamentaux :

  • Il entrave la progression professionnelle des femmes, limitant leur accès aux promotions, à la formation continue et à la participation aux décisions au sein des entreprises.
  • Il transforme un prétendu « choix » en pression indirecte, en particulier pour les femmes dont la situation professionnelle est fragile dans le secteur privé.
  • Il risque de déséquilibrer davantage les caisses sociales, notamment la CNSS, en ouvrant l’accès à la retraite anticipée sans contrôles financiers rigoureux.
  • Il reflète une vision réductrice et rétrograde qui ignore les besoins réels des femmes et les engagements internationaux de l’État en matière de droits économiques et sociaux.

L’association a, également, mis en garde contre toute instrumentalisation des parcours professionnels des femmes à des fins politiques ou économiques et a insisté sur le fait que droits des femmes et justice sociale sont indissociables.

Elle a noté, dans ce même contexte, que la retraite anticipée des femmes ne pourrait constituer ni une solution à la crise de l’emploi, ni un moyen de compenser les transformations technologiques et la digitalisation du marché du travail, estimant qu’elle risque au contraire de priver le pays de compétences et d’expérience essentielles. 

Le projet de loi propose de permettre aux femmes de partir à la retraite dès l’âge de 50 ans, sous réserve de 20 années de cotisations effectives à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avec la cessation complète de leur activité professionnelle et le versement d’une pension. Ses promoteurs présentent cette initiative comme une mesure visant à supprimer toute discrimination liée à la parentalité et à offrir aux femmes la possibilité de se consacrer à leur santé ou à leur vie familiale, tout en préservant la pérennité des caisses sociales. 

N.J

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