La présidente de l’Organisation de la protection des enfants de la Méditerranée, Rim Belkhdhiri, est revenue, mardi 17 février 2026 sur Express FM, sur la note du ministère de l’Éducation visant à renforcer la protection des élèves et des cadres éducatifs contre toutes les formes de violence. Elle a salué la publication de ce texte adressé aux délégués régionaux et aux directeurs d’établissements, tout en estimant qu’il aurait gagné à être publié plus tôt dans l’année scolaire. Selon elle, la recrudescence des violences en milieu scolaire impose des mesures rapides et effectives.
Téléphones interdits : une mesure centrale
Elle a insisté sur l’interdiction des téléphones portables et des appareils technologiques dans les établissements, estimant que ces outils peuvent constituer des vecteurs de tensions et de formes de violence parfois invisibles. Pour elle, la réussite de cette mesure dépendra surtout de sa mise en œuvre effective et uniforme.
Restaurer le dialogue enseignant-élève
Rim Belkhdhiri a également souligné l’importance de rétablir un dialogue réel entre enseignants et élèves, estimant que ce lien s’est progressivement affaibli. Elle considère que l’enseignant ne doit pas être seulement un transmetteur de connaissances, mais aussi un acteur éducatif capable de prévenir les comportements à risque.
Application des décisions : le véritable enjeu
L’intervenante a mis en garde contre le décalage fréquent entre l’adoption de décisions administratives et leur application concrète. Elle estime qu’une mesure qui n’est pas appliquée envoie un message négatif aux élèves sur l’existence même de l’autorité, dans un contexte qu’elle décrit comme marqué par un affaiblissement du rôle éducatif de la famille.
Responsabiliser les parents
Elle a plaidé pour une implication plus forte des familles, rappelant que les parents demeurent juridiquement responsables des actes commis par leurs enfants mineurs. Selon elle, l’application réelle de cette responsabilité peut contribuer à prévenir les actes de violence et les dégradations au sein des établissements.
Encadrement scolaire et organisation interne
Rim Belkhdhiri a aussi critiqué certaines pratiques organisationnelles, notamment lorsque des élèves sont laissés sans encadrement en cas d’absence d’enseignant. Elle estime que les établissements doivent mettre en place des solutions internes garantissant la sécurité et la surveillance des élèves durant toute la journée scolaire.
Accompagnement psychologique et climat scolaire
Elle a insisté sur la nécessité d’instaurer des mécanismes d’écoute et de confiance au sein des établissements, permettant aux élèves confrontés à des difficultés personnelles ou psychologiques de s’exprimer. Elle a également regretté la disparition progressive d’activités parascolaires favorisant les relations humaines et la compréhension mutuelle.
Ce que prévoit la note ministérielle
Datée du 16 février 2026, la note du ministère de l’Éducation fixe une série de mesures destinées à sécuriser les établissements scolaires et à prévenir les violences. Elle interdit formellement l’introduction et l’usage de téléphones portables ainsi que toute captation d’images en dehors des cadres autorisés. Elle proscrit également les manifestations perturbatrices telles que certaines célébrations informelles de fin d’année.
Le texte impose en outre un contrôle strict des accès avec un portail unique surveillé, l’encadrement des visites parentales à des horaires précis et la mobilisation régulière du personnel éducatif autour de réunions de suivi et de prévention. Les délégués régionaux sont appelés à renforcer la coordination avec les autorités sécuritaires et à effectuer des visites de terrain.
La note insiste enfin sur le rôle central des familles dans la prévention de la violence, appelant les parents à suivre la scolarité et le comportement de leurs enfants et à promouvoir les valeurs de respect, de discipline et de responsabilité.
Un phénomène lié aussi au contexte social
En conclusion, Rim Belkhdhiri a estimé que la violence scolaire ne peut être dissociée de facteurs sociétaux plus larges, notamment les tensions familiales et les mutations sociales, appelant à une approche globale associant institutions éducatives, parents et pouvoirs publics.
M.B.Z











