Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Viande rouge : soixante dinars le kilo d’agneau, une offre insuffisante selon la filière

Par Sarra Hlaoui

Au début du mois de Ramadan, la hausse continue des prix de la viande rouge suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels et les consommateurs. Invité sur les ondes de Diwan FM, dimanche 22 février 2026, dans l’émission « l’Invité du jour », le président de la Chambre syndicale nationale des bouchers, Ahmed Amiri, a dressé un constat alarmant, dénonçant à la fois l’absence d’importations régulatrices et un affaiblissement structurel de la filière nationale.

 Une flambée des prix révélatrice d’un déséquilibre profond

Ahmed Amiri affirme que les prix ont atteint des niveaux particulièrement élevés, le kilo d’agneau dépassant les soixante dinars en raison de la rareté de l’offre, tandis que le prix de la viande bovine a franchi le seuil des 52 dinars dans certains points de vente. Cette situation, selon lui, résulte directement d’un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande, aggravé par une baisse significative de la production nationale.

Le responsable professionnel insiste sur le fait que le cheptel national a fortement diminué ces dernières années, notamment en raison de l’abattage des femelles reproductrices, un phénomène qui compromet la capacité de renouvellement du troupeau et fragilise durablement l’approvisionnement du marché.

 L’absence d’importations, facteur aggravant à Ramadan

L’un des principaux facteurs expliquant la tension actuelle réside, selon Ahmed Amiri, dans l’absence totale d’importations de viande réfrigérée à Ramadan 2026. Il indique que la Chambre syndicale a adressé plusieurs correspondances officielles au ministère du Commerce dès le mois de janvier afin de réclamer l’importation de quantités suffisantes pour atténuer la pression sur les prix, sans obtenir de réponse.

Il rappelle qu’au cours des années précédentes, l’importation régulière de viande avait permis d’assurer un équilibre relatif du marché. En 2025, des cargaisons hebdomadaires avaient contribué à maintenir les prix à des niveaux plus accessibles, la viande bovine étant alors commercialisée à des tarifs nettement inférieurs à ceux actuellement pratiqués.

L’absence de ces importations prive aujourd’hui le marché d’un mécanisme essentiel de régulation, laissant les prix évoluer sous l’effet exclusif de la rareté de l’offre locale.

 Une filière fragilisée par des dysfonctionnements structurels

Au-delà de la question des importations, Ahmed Amiri évoque des dysfonctionnements plus profonds affectant l’organisation de la filière. Il déplore notamment l’insuffisance des mécanismes de contrôle et de traçabilité du cheptel, ainsi que le manque de coordination entre les différents intervenants, en particulier les structures publiques chargées de la régulation du marché.

Selon lui, des dispositifs essentiels, tels que l’identification et le suivi du bétail, ne sont pas appliqués avec la rigueur nécessaire, ce qui contribue à désorganiser les circuits d’approvisionnement et à accentuer les déséquilibres.

Il souligne également que la Société des viandes, qui jouait traditionnellement un rôle central dans la régulation du marché à travers l’importation et la distribution de viande à des prix encadrés, ne remplit plus pleinement cette fonction, laissant le champ libre aux opérateurs privés et réduisant les capacités d’intervention de l’État.

 Une crise aux conséquences sociales croissantes

Pour Ahmed Amiri, la situation actuelle dépasse le cadre d’une simple fluctuation conjoncturelle des prix et traduit une crise plus profonde affectant l’ensemble du secteur. Il observe que la hausse continue des tarifs a progressivement exclu une partie importante des ménages tunisiens de la consommation de viande rouge, devenue un produit de plus en plus inaccessible.

Cette évolution, souligne-t-il, a également affecté certaines pratiques sociales et culturelles, notamment à l’occasion de l’Aïd al-Adha, dont la dimension symbolique s’estompe pour de nombreuses familles confrontées à des contraintes économiques croissantes.

Face à cette situation, le président de la Chambre syndicale nationale des bouchers appelle à une intervention urgente des autorités afin de rétablir les mécanismes de régulation du marché, relancer les importations et engager des réformes structurelles visant à restaurer la stabilité et la durabilité de la filière des viandes rouges en Tunisie.

S.H

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *