La libération de l’avocat et défenseur des droits humains Ahmed Souab, intervenue le 23 février 2026 à l’issue de son procès en appel, a suscité une vague de réactions en Tunisie et à l’étranger. Organisations nationales et internationales, responsables politiques, militants et personnalités publiques ont exprimé leur soulagement, tout en soulignant les enjeux plus larges liés aux libertés et à la justice.
L’UGTT exprime son soulagement et salue un défenseur des libertés
Dans un communiqué publié sur sa page officielle, l’Union générale tunisienne du travail a exprimé son « grand soulagement » à la suite de la libération d’Ahmed Souab. La centrale syndicale lui a adressé ses félicitations pour le recouvrement de sa liberté, tout en lui souhaitant santé et réussite dans la poursuite de son engagement en faveur des droits et des libertés.

L’OMCT rappelle le principe fondamental de la liberté d’expression
De son côté, l’Organisation mondiale contre la torture a également exprimé son soulagement après la libération de l’avocat, réaffirmant sa solidarité avec lui et sa famille. L’organisation a insisté sur le principe selon lequel nul ne doit être poursuivi ou condamné pour avoir exercé sa liberté d’expression, réitérant ainsi ses préoccupations concernant la protection des défenseurs des droits humains.

Le CRLDHT évoque une liberté entachée par une condamnation maintenue
Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie a souligné que cette libération intervient après des mois de détention aux lourdes conséquences humaines et psychologiques. L’organisation a toutefois rappelé que la condamnation demeure inscrite, Ahmed Souab ayant purgé une peine de dix mois de prison ferme, assortie d’une peine supplémentaire de deux ans avec sursis.
Le comité estime que cette affaire dépasse le cas individuel de l’avocat et pose la question plus large de l’usage de la législation antiterroriste contre les voix critiques, appelant à une vigilance accrue quant au respect de l’État de droit.

Des appels à un élargissement des libérations et à un climat d’apaisement
Plusieurs personnalités ont salué une évolution positive tout en appelant à des mesures plus larges.
Le président de la Commission des droits et libertés, Thabet El Abed, a qualifié cette libération de « pas positif dans la bonne direction », exprimant l’espoir qu’elle marque le début d’un processus plus large mettant fin aux souffrances d’autres détenus politiques et prisonniers d’opinion. Il a plaidé pour un climat d’apaisement fondé sur le dialogue, la justice et le respect des droits.

Dans le même esprit, le député Ahmed Sghaier a exprimé sa joie face à la libération d’Ahmed Souab, tout en appelant à celle d’autres figures politiques et détenus d’opinion, estimant que la Tunisie ne peut se construire que dans la liberté de tous ses citoyens.

Des réactions dénonçant une détention jugée injuste
Le député Hichem Ajbouni a affirmé que l’avocat retrouve aujourd’hui sa liberté après « dix mois de détention injuste », appelant à la libération des autres détenus qu’il considère comme victimes d’injustice.

Une libération qui rappelle le rôle de la justice
Plusieurs observateurs ont également insisté sur la portée symbolique de cette libération.
Le journaliste Mohamed Yousfi a évoqué un moment appelé à rester dans l’histoire comme un symbole de la lutte pour la liberté, soulignant que la justice et l’équité demeurent les véritables garanties de la stabilité et de la légitimité des institutions.

L’avocat Sami Ben Ghazi a, quant à lui, salué le rôle déterminant des avocats, de la défense et de la famille d’Ahmed Souab, rendant hommage à leur engagement et à leur persévérance. Il a également souligné la constance de l’avocat tout au long de cette épreuve, le décrivant comme un symbole de dignité et de fermeté.

Une libération aux résonances politiques et judiciaires durables
Si la libération d’Ahmed Souab suscite un large soulagement, elle relance également le débat sur la justice, les libertés publiques et la place de la critique dans le débat démocratique en Tunisie. Pour beaucoup, cette décision constitue à la fois une issue attendue et un point de départ pour des appels plus larges à l’apaisement et au respect des droits fondamentaux.
S.H













Commentaire
Zico
Plutôt que du soulagement, c’est de l’indignation qu’on devrait ressentir. Une homme a passé 10 mois en prison sans raison. Un état voyou et sans tête qui fait ce qu’il veut de ses citoyens. L’histoire ne pardonne jamais !