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Trafic de macaques : alerte sur la vente illégale de bébés singes sur les réseaux sociaux

Par Myriam Ben Zineb

La vétérinaire et militante pour la cause animale Olfa Abid a lancé une alerte sur les réseaux sociaux concernant un trafic illégal de bébés macaques de Barbarie, dénonçant un commerce qu’elle qualifie de cruel et menaçant pour la survie de l’espèce.

Une espèce menacée importée clandestinement

Dans son message, elle rappelle que le macaque de Barbarie est une espèce en voie de disparition protégée par les conventions internationales, notamment l’UICN et la CITES (Annexe I). Elle précise également que l’animal n’existe plus à l’état sauvage en Tunisie, mais qu’il subsiste encore en Algérie et au Maroc, d’où il serait capturé puis introduit illégalement sur le territoire tunisien.

Selon elle, les petits sont très tôt arrachés à leurs mères avant d’être proposés à la vente clandestine.

Un trafic alimenté par les plateformes sociales

La vétérinaire affirme que ces animaux sont commercialisés directement sur les réseaux sociaux, où ils sont présentés comme des animaux de compagnie « mignons » afin d’attirer des acheteurs. Elle met en garde contre cette mise en scène trompeuse, soulignant que derrière ces publications se cachent des actes de braconnage, de maltraitance animale et des infractions liées au commerce d’espèces protégées.

Elle insiste sur le fait que cette demande numérique alimente directement la capture de nouveaux petits dans leur habitat naturel, aggravant le déclin d’une espèce déjà menacée.

Des animaux inadaptés à la captivité domestique

La vétérinaire souligne aussi que ces primates ne sont pas faits pour vivre seuls avec des humains. À l’âge adulte, explique-t-elle, ils peuvent devenir dangereux, notamment parce qu’il s’agit d’animaux sociaux conçus pour vivre en groupes structurés. Privés de ce cadre naturel, ils développent souvent des troubles comportementaux.

Dans de nombreux cas, ajoute-t-elle, les propriétaires finissent par les abandonner lorsqu’ils deviennent difficiles à gérer. Certains sont alors remis à des structures zoologiques ou abandonnés dans des conditions précaires, ce qui conduit fréquemment à une issue dramatique pour l’animal.

Un appel à la responsabilité collective

Face à ce phénomène, Olfa Abid appelle les internautes à agir : ne pas acheter, ne pas encourager ces pratiques et signaler toute annonce suspecte. Elle estime que la réduction de la demande constitue l’un des moyens les plus efficaces pour freiner ce trafic et protéger les populations restantes dans leur milieu naturel.

M.B.Z

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