Une publication largement relayée sur Facebook affirme, sur un ton ironique, qu’une « augmentation historique » de soixante millimes aurait été accordée à la prime familiale en Tunisie. Les messages, rédigés dans un style sarcastique, évoquent une hausse présentée comme capable de « bouleverser l’économie mondiale » et mettent en scène l’idée d’une allocation passée de 180 à 240 millimes par jour.
Ces publications ont suscité de nombreuses réactions moqueuses, de nombreux internautes soulignant le caractère dérisoire du montant avancé au regard du coût de la vie.


Aucune trace d’une telle mesure dans les textes officiels
Mais la consultation des communiqués officiels du ministère des Affaires sociales ainsi que des textes réglementaires publiés au Journal officiel ne fait apparaître aucune mesure récente instaurant une hausse de ce montant précis. Aucune annonce gouvernementale ne confirme une revalorisation quotidienne exprimée en millimes selon les chiffres cités dans les publications virales.
Il convient également de clarifier la nature des aides sociales concernées. En Tunisie, la prime familiale et les allocations destinées aux familles à revenu limité relèvent de dispositifs encadrés par des textes réglementaires distincts. Les montants ne sont pas exprimés en « millimes par jour » dans la communication officielle, mais généralement en montants mensuels ou trimestriels. La présentation sous forme de calcul quotidien contribue à amplifier l’effet ironique, mais ne correspond pas à la manière dont ces aides sont juridiquement définies.
Les données officielles montrent que les révisions des allocations familiales et des programmes de soutien aux familles défavorisées interviennent de manière ponctuelle, souvent dans le cadre de lois de finances ou de décrets spécifiques. Certaines augmentations ont été décidées au cours des dernières années dans le cadre de programmes d’assistance sociale ciblée, notamment pour les familles à revenu limité et les bénéficiaires du programme d’aide sociale. Toutefois, aucune source officielle ne fait état d’une hausse uniforme et généralisée de soixante millimes telle que décrite dans les publications virales.
Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle la dernière augmentation remonterait à 1996 est inexacte. Les dispositifs d’aide sociale ont connu plusieurs ajustements depuis cette date, notamment dans le cadre de réformes des mécanismes de protection sociale et de soutien aux ménages vulnérables. Les montants et les critères d’éligibilité ont évolué, même si le débat sur leur suffisance reste légitime dans le contexte de l’inflation et de la dépréciation du dinar.
En définitive, les publications affirmant une « augmentation de soixante millimes » relèvent davantage de la satire que d’une information fondée sur une décision officielle récente. Aucune preuve documentaire ne confirme l’adoption d’une telle mesure dans les termes avancés.
R.A.













2 commentaires
Gg
La photo est terrible. Beaucoup de gens vivent ainsi, pas loin de Tunis.
J’en connais.
Ni eau, ni sanitaire, ni lumière, ni chauffage.
On a faim, froid, les (trop nombreux) enfants ne vont pas à l’école…
Mais on a construit 2600 mosquées supplémentaires en 10 ans.
Il y a des choix incompréhensibles…
Excusez moi si je vous choque.
HatemC
Cher Gg
C’est une image saisissante qui met en lumière un contraste brutal avec l’image moderne et touristique que l’on a souvent de la Tunisie. On y voit une réalité marquée par un dénuement matériel profond, où l’habitat semble se fondre dans la terre.
Ce que montre cette photo, c’est l’architecture de la nécessité. On peut y observer plusieurs éléments caractéristiques :
– Matériaux locaux : Les murs sont faits de terre battue et de pierres de récupération.
– Toiture organique : Le toit est recouvert de terre et d’herbe, ce qui offre une isolation thermique naturelle, mais reste très vulnérable aux intempéries.
– Récupération : L’usage de bâches en plastique, de jerricanes bleus et de sacs de jute montre comment ces populations intègrent des éléments du monde moderne, non pas par choix technologique, mais pour colmater les brèches de la survie quotidienne.
Quand on naît et que l’on grandit dans un tel environnement, sans accès aux infrastructures de base (eau courante, électricité stable, internet), la perception du monde est radicalement différente.
L’absence de comparaison directe avec le confort moderne fait que cet état devient, par la force des choses, la norme locale.
Cependant, cela crée un fossé énorme — une véritable fracture sociale et géographique — avec les zones urbaines côtières.
C’est ce qu’on appelle souvent la « Tunisie de l’intérieur », qui se sent oubliée des politiques de développement.
Ce gourbis me rappelle le film avec Mel Gibson dans Braveheart …
Ce type d’habitat, bien que fascinant par son aspect « ancestral », est surtout le témoin d’un échec des politiques d’intégration.
Ces gens ne vivent pas « au 6e siècle » par choix ou par folklore, mais parce que le 21e siècle ne leur a pas encore ouvert ses portes…. Mes amitiés … HC