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Réforme du pain et souveraineté alimentaire : Marouane Zayen propose un référendum populaire

Par Nadya Jennene

Marouane Zayen, élu au Conseil national des régions et des districts, a longuement détaillé, mardi 24 février, au micro de Houna Tounes sur Diwan FM, les fondements économiques, sociaux et stratégiques de sa proposition visant à limiter le gaspillage du pain et à instituer un fonds de souveraineté alimentaire. Une initiative qu’il présente non comme une simple révision tarifaire, mais comme une réforme structurelle articulée autour d’une vision de long terme.

Au cœur de son argumentation figure un constat chiffré : le coût réel de production d’un pain dépasserait 430 millimes, alors que son prix de vente demeure fixé à 190 millimes. La différence – estimée à 240 millimes par unité – constitue, selon lui, le montant du soutien public accordé à chaque miche de pain vendue.

En se basant sur une production quotidienne de 900.000 unités, le député calcule une perte directe de 216.000 dinars par jour imputable à la subvention du pain. Sur une année, cela représenterait près de 78,8 millions de dinars. Et encore, précise-t-il, ce chiffre n’intègre ni le coût des importations en devises, ni les frais liés au transport et à l’énergie, ni même les impacts environnementaux induits par cette chaîne d’approvisionnement.

Pour Marouane Zayen, le problème dépasse donc la simple question budgétaire : il engage la dépendance du pays aux marchés internationaux du blé tendre et pose la question de la soutenabilité du modèle actuel.

Du soutien à la consommation au soutien à la production

Le député défend un changement de paradigme : passer d’un système de subvention centré sur la consommation à un dispositif orienté vers la production nationale. Il estime toutefois qu’une telle réforme ne saurait être acceptée par les citoyens sans s’inscrire dans une vision de développement globale et cohérente.

C’est dans cette perspective qu’il propose la création d’un fonds de souveraineté alimentaire. Celui-ci serait alimenté par les recettes générées par une légère révision de la tarification unifiée du pain, combinée à la réduction du gaspillage et par une diminution corrélative des importations de blé tendre. Les ressources ainsi mobilisées seraient réaffectées selon plusieurs axes stratégiques.

Première priorité : le soutien aux agriculteurs, avec un encouragement accru à la culture du blé dur local afin de réduire la dépendance aux marchés mondiaux. L’objectif affiché est clair : renforcer la souveraineté alimentaire par la consolidation de la production nationale.

Deuxième volet : l’amélioration des infrastructures de stockage. Le député évoque le financement de silos modernes destinés à limiter les pertes post-récolte et à sécuriser les réserves stratégiques.

Troisième volet : la modernisation des boulangeries. Il s’agirait d’octroyer des crédits pour faciliter la transition vers l’énergie solaire et le renouvellement des équipements, réduisant ainsi les coûts énergétiques et l’empreinte environnementale du secteur.

Le volet social occupe une place centrale dans le dispositif : une partie des recettes du fonds serait consacrée au financement d’une carte citoyenne destinée aux familles démunies, afin de soutenir l’accès à d’autres produits alimentaires essentiels. L’idée, selon ses termes, est de transformer un soutien massif à un pain souvent gaspillé en un mécanisme d’appui global à la sécurité alimentaire.

Une réforme soumise à la volonté populaire

Conscient de la sensibilité extrême de la question du pain – historiquement liée à la paix sociale – Marouane Zayen propose d’inscrire cette réforme dans une démarche démocratique participative. Il suggère l’organisation d’un référendum populaire concomitant aux prochaines élections municipales.

Concrètement, l’électeur serait appelé à se prononcer par un « oui » ou un « non » sur la réforme proposée. Pour le député, cette consultation constituerait une garantie de légitimité politique et sociale. « La souveraineté alimentaire est la souveraineté du peuple », a-t-il insisté, estimant que toute décision touchant au pain – symbole éminent du contrat social – doit émaner directement des citoyens.

Au-delà de l’équilibre financier, la proposition inclut également une révision qualitative : une augmentation du taux d’extraction afin de produire un pain plus riche en fibres et, partant, plus sain. Maintenu à un prix unifié, ce nouveau modèle viserait à réduire les volumes excessifs actuellement produits et gaspillés quotidiennement.

N.J

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