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Budget 2025 : la Tunisie atteint ses objectifs d’emprunt intérieur, mais patine sur le financement extérieur

Par Imen Nouira

En 2025, l’État tunisien a pratiquement atteint ses objectifs d’emprunt intérieur, mais a peiné à sécuriser les financements extérieurs, laissant plus de deux milliards de dinars non mobilisés et fragilisant l’équilibre du budget.

Mobilisation des emprunts : un déficit de plus de deux milliards

L’État tunisien a mobilisé à fin 2025 seulement 25,64 milliards de dinars d’emprunt sur les 28 milliards prévus.

Les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’État à fin 2025, publiés par le ministère des Finances, détaillent les ressources d’emprunt perçues.

La loi de finances 2025 prévoit que les ressources d’emprunt nécessaires à la clôture du budget s’élèveront à 28 milliards de dinars : 21,87 milliards provenant de l’endettement intérieur et 6,13 milliards provenant de l’endettement extérieur. Or, jusqu’à fin 2025, l’État tunisien a réussi à mobiliser 21,82 milliards de dinars d’emprunt intérieur (pratiquement le montant budgétisé) et seulement 3,82 milliards d’emprunt extérieur (2,31 milliards de moins que ce qui a été budgétisé).

Endettement intérieur : près du total prévu
  • 2,6 milliards de dinars issus des bons du Trésor à court terme (BTC) de 52 semaines
  • 12,73 milliards de dinars grâce aux bons du Trésor assimilables (BTA)
  • 6,85 milliards d’autres emprunts intérieurs

L’État avait prévu 4,8 milliards de dinars via un emprunt obligataire national, qui n’a finalement pas été émis. Aucun détail n’est fourni concernant les 7 milliards de dinars de financement direct auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Endettement extérieur : un rythme en deçà des attentes

Pour l’endettement extérieur, 3,4 milliards de dinars ont été perçus, répartis comme suit :

  • Deux milliards de dinars d’appui budgétaire :
    • de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) : 117,5 millions de dinars
    • de la Banque africaine de développement (BAD) : 75,3 millions de dinars
    • de l’Agence française de développement (AFD) : 11,8 millions de dinars
    • du Fonds monétaire arabe : 171,2 millions de dinars
    • de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) : 29,4 millions de dinars
    • de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) : 1,59 milliard de dinars
  • 1,53 milliard de dinars d’emprunts extérieurs affectés
  • 293,7 millions de dinars de prêts rétrocédés aux entreprises publiques dont 211,6 millions de dinars de subvention à l’Office des céréales
Couverture globale et limites du financement extérieur

À fin 2025, l’État tunisien a mobilisé 18,51 milliards de dinars sur les 28 milliards prévus dans la loi de finances 2025, soit près de 92 % du total. L’endettement intérieur a été pratiquement couvert, à cinquante millions de dinars près, reflétant la capacité du pays à mobiliser ses ressources domestiques.

En revanche, le financement extérieur reste le maillon faible du budget. Sur les 6,13 milliards de dinars prévus, à peine 3,82 milliards ont été mobilisés, soit un peu plus de la moitié des montants budgétisés. Cette difficulté à sécuriser les ressources extérieures a accru la dépendance de la Tunisie aux ressources intérieures pour financer son budget.

Un recours excessif à la dette publique intérieure présente cependant un risque pour l’économie : il peut réduire la disponibilité des ressources financières pour le secteur privé, générant un phénomène connu sous le nom d’effet d’éviction. Ce mécanisme peut freiner l’investissement privé, limiter la création d’emplois et peser sur la croissance à moyen terme, tout en rendant le financement du budget de l’État de plus en plus dépendant du marché intérieur.

I.N.

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