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Conflit au Moyen-Orient : trois scénarios économiques et un risque majeur pour la Tunisie

Par Sarra Hlaoui

Alors que les tensions militaires s’intensifient au Moyen-Orient, l’économiste Ridha Chkoundali a publié une analyse détaillée des répercussions économiques possibles de l’escalade opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Dans une publication, dimanche 1er mars 2026, il identifie trois scénarios principaux, allant d’un impact limité sur les marchés à une crise énergétique mondiale susceptible d’entraîner un choc économique majeur, notamment pour les pays importateurs nets d’énergie comme la Tunisie.

 Un premier scénario : une hausse temporaire et maîtrisée des prix

Dans l’hypothèse où la confrontation resterait confinée à des opérations militaires limitées, sans perturbation directe de l’approvisionnement en pétrole, les conséquences économiques demeureraient relativement contenues.

Selon Ridha Chkoundali, l’effet se traduirait principalement par une « prime de risque géopolitique », entraînant une hausse modérée des prix du pétrole, estimée entre 5 et 15 %, avant un retour progressif à la normale à mesure que les tensions s’apaisent.

Dans ce contexte, les principales économies industrielles importatrices d’énergie, telles que le Japon, la Corée du Sud ou encore plusieurs pays européens, subiraient une augmentation des pressions inflationnistes et un élargissement relatif de leur déficit commercial. En revanche, des pays producteurs non directement impliqués dans le conflit, comme la Norvège, le Canada ou le Brésil, pourraient tirer profit de cette hausse des prix, grâce à une amélioration de leurs termes de l’échange.

 Un deuxième scénario : un choc pétrolier aux conséquences directes pour la Tunisie

Le deuxième scénario envisagé repose sur une perturbation partielle des exportations pétrolières du Golfe, comprise entre 3 et 5 millions de barils par jour. Une telle situation pourrait propulser les prix du pétrole au-delà du seuil symbolique des 100 dollars le baril.

Dans ce cas, la hausse des prix ne relèverait plus d’une simple anticipation liée au risque, mais d’un véritable choc d’offre, avec des conséquences plus profondes et plus durables. Les économies émergentes fortement dépendantes des importations énergétiques, à l’instar de l’Inde ou de la Turquie, seraient directement affectées.

Les pays d’Afrique du Nord importateurs nets d’énergie, dont la Tunisie et le Maroc, figureraient parmi les plus vulnérables. L’augmentation de la facture énergétique exercerait une pression accrue sur les équilibres macroéconomiques, notamment le déficit courant, les finances publiques et la stabilité du taux de change.

À l’inverse, certains pays exportateurs africains comme l’Algérie ou le Nigeria pourraient bénéficier d’une amélioration rapide de leurs recettes, sous réserve que les flux d’investissement ne soient pas affectés et que leur prime de risque souverain ne s’aggrave pas.

 Un troisième scénario : un choc systémique mondial via le détroit d’Ormuz

Le scénario le plus critique, selon l’économiste, concerne une perturbation majeure du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.

Une interruption significative des flux pourrait provoquer une flambée des prix dépassant les 40 % en peu de temps, ravivant le spectre d’une stagflation mondiale, caractérisée par une combinaison de croissance faible et d’inflation élevée.

Dans une telle configuration, même certains grands producteurs du Golfe, comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou le Qatar, pourraient subir des pertes, en raison de l’interruption de leurs exportations et de la hausse des coûts d’assurance et de transport.

La Chine, premier importateur mondial d’énergie, serait confrontée à un double choc, combinant hausse des coûts de production industrielle et ralentissement de la demande mondiale. Les États-Unis, malgré leur production énergétique domestique, ne seraient pas totalement épargnés, notamment en raison des pressions inflationnistes internes.

 Une vulnérabilité particulière pour les économies importatrices d’énergie

À travers cette analyse, Ridha Chkoundali souligne la forte exposition des économies dépendantes des importations énergétiques aux tensions géopolitiques. Pour la Tunisie, un renchérissement durable des prix du pétrole pourrait aggraver les déséquilibres budgétaires et extérieurs, tout en accentuant les tensions inflationnistes.

Cette lecture met en évidence la sensibilité de l’économie tunisienne aux chocs énergétiques internationaux, dans un contexte déjà marqué par des contraintes financières importantes et une marge de manœuvre limitée pour absorber des hausses prolongées des prix des matières premières.

S.H

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