Le ministère des Affaires étrangères tunisien a publié dimanche 1er mars 2026 un communiqué concernant la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Que dire de ce communiqué sinon que c’est le communiqué du seuil minimum.
Le texte annonce une présence et un attachement aux principes généraux de la paix, de la sécurité dans le monde et de la légalité internationale, sans aucune prise de position claire et affirmée concernant cette guerre, ni ses belligérants. Le sentiment d’inachevé laissé par ce communiqué, qui veut dire des choses mais n’arrive pas à les dire, trahit la posture actuelle de la Tunisie et met à nu la faiblesse de notre politique étrangère.
Un communiqué sans qualificatif ni accusateur
En aucun moment le communiqué du ministère des Affaires étrangères tunisien n’a qualifié la guerre contre l’Iran d’agression, ce qu’elle est réellement, se contentant de parler d’escalade dangereuse des hostilités ou d’escalade militaire.
En aucun moment non plus, il n’a mentionné les noms des agresseurs alors que les États-Unis et l’État sioniste ont revendiqué, dès le début des attaques aériennes, leur responsabilité dans cette guerre.
Cette prudence exagérée du communiqué rappelle que depuis novembre 2023, soit plus de deux ans et trois mois, une plénière du Parlement tunisien est restée ouverte, en suspens, pour n’avoir pas pu voter une loi sur la criminalisation de la normalisation avec Israël.
Maintenant que les contours de nos limites sont bien dessinés, il serait peut-être temps de clore définitivement cette plénière et d’annoncer « courageusement » que le pays n’a ni les moyens ni la force de prendre une position concrète contre l’État sioniste.
Soutien sélectif et silences calculés
De l’autre côté, le communiqué du ministère des Affaires étrangères apporte son soutien, clair cette fois, aux pays arabes qui se trouvent impliqués dans ce conflit. Il affirme son attachement au principe de la souveraineté de ces États et de leur intégrité territoriale face aux attaques qu’ils subissent. Il s’agit de l’Arabie saoudite, du Koweït, du Qatar, du Bahreïn, de la Jordanie, des Émirats arabes unis et de l’Irak.
Mais le communiqué évite de citer l’Iran et de dire que c’est l’Iran qui a lancé ses missiles et ses drones contre ces pays arabes. Il évite surtout de dire que ces pays arabes abritent des bases militaires américaines et que les missiles iraniens ont visé les installations militaires américaines, contrairement aux raids siono-américains qui ont visé, entre autres cibles, des écoles primaires et des salles de sport, causant des dizaines de victimes parmi les populations civiles.
Avec une hypocrisie à peine voilée, le communiqué du ministère des Affaires étrangères appelle le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et à prendre les mesures nécessaires pour préserver la paix et la sécurité internationales.
N’aurait-il pas été plus courageux, même si cela est tout aussi inefficace dans le cadre du déséquilibre actuel des rapports de force à l’échelle internationale, d’appeler à une réunion urgente de l’Assemblée générale de l’ONU, dont la position traduit réellement celle de la communauté internationale ? Mais il semble que le communiqué était soucieux d’éviter toute implication de la Tunisie dans une action quelconque dans la guerre actuelle.
De la neutralité positive à l’effacement diplomatique
On pourrait certes se cacher derrière la neutralité qui a toujours été à la base de l’action diplomatique tunisienne. Mais la neutralité de la Tunisie était une neutralité positive, aussi bien sous Bourguiba que sous son successeur Ben Ali.
Sous Kaïs Saïed, la diplomatie tunisienne s’inscrit malheureusement plus dans une logique d’effacement que dans celle de la neutralité. Il n’y a qu’à faire le décompte des visites du président Saïed à l’étranger ou des visites officielles de personnalités de haut rang dans notre pays.
La diplomatie tunisienne ne peut pas se limiter à des rapports déséquilibrés avec l’Algérie et l’Italie, ou à la participation formelle de notre ministre des Affaires étrangères à des réunions sans grand intérêt.











2 commentaires
Gg
« ….raids siono-américains qui ont visé, entre autres cibles, des écoles primaires et des salles de sport, causant des dizaines de victimes parmi les populations civiles. »
Aucune cible civile n’a été sciemment choisie par les EU- Israel.
Une école a été détruite, parce que le hezbollah était en train d’y cacher des missiles.
Je ne vous ferai pas l’affront de dire que vous mentez, mais renseignez vous…
De toutes façons on est a des années lumière des dizaines de milliers d’iraniens assassinés (au vrai sens du mot cette fois) par le régime durant les derniers mois.
Sur le reste, je pense que cette diplomatie est hypocrite: on veut bien recevoir des crédits et entretenir commerce avec les occidentaux, et leur envoyer des populations de migrants qui représentent aujourd’hui quasiment la première source de revenus du pays, mais on ne veut pas comprendre qu’Israel ne peut vivre sous la menace constante d’une éventuelle attaque nucléaire.
Allez au bout de vos choix, envoyez vos migrants dans les pays arabes et demandez à ces pays de vous octroyer les crédits: rompez les ponts et assumez vos choix.
zaghouan2040
La solution est en train d’être déployée grâce a l’audacieuse et visionnaire ambition de ce pouvoir
Le Ministère Algérien des AE communiquera a notre place au nom du rapprochement historique entre les deux nations qui bientôt n’en formeront qu’une seule…………..